Sport et handicap : le pari gagnant de l’Intégrathlon

Integrathlon 2018 Aulnay sous bois

Depuis 2009, l’Intégrathlon bouscule les idées reçues sur le handicap lors de manifestations sportives dans cinq villes de Seine-Saint-Denis. Reportage à Tremblay-en-France, une ville au coeur du projet cette année.

« C’est parti pour la randonnée de 3.6 km », annonce avec enthousiasme l’animateur de la journée. Amassés devant le complexe sportif Jean Guimier à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), les randonneurs se mettent en marche. Parmi le groupe, les habitués du club de randonnée de la ville sont rejoints ce samedi 5 mai par des personnes en situation de handicap, dans le cadre de l’Intégrathlon.

Déroulée sur cinq jours, la manifestation rapproche depuis 2009 personnes handicapées et non handicapées, invitées à pratiquer du sport ensemble. Hand-fauteuil, tennis, boxe anglaise, golf, Zumba : une cinquantaine d’activités sont proposées au grand public sur les cinq villes de Seine-Saint-Denis organisatrices de l’événement à savoir Villepinte, Sevran, Le Blanc-Mesnil, Aulnay-sous-Bois et Tremblay-en-France.

Sensibiliser à d’autres pratiques sportives

« L’Intégrathlon est une façon d’inclure aussi bien les personnes valides dans le monde du handicap que les personnes en situation de handicap dans le monde des valides, la logique va dans les deux sens », se réjouit Patrick Martin, maire adjoint chargé des sports de Tremblay-en-France, la « ville cœur » de cette année.

Non loin du point de départ de la randonnée, personnes handicapées et non-handicapées se retrouvent autour d’ateliers de tandem de vélo, d’initiation à l’escalade, à la gymnastique ou encore au tir à l’arc.

Atelier de tir à l’arc, Integrathlon 2018 Tremblay-en-France

Dans le gymnase, c’est le foot en fauteuil qui est à l’honneur. Scott et Sher, deux jeunes en Terminal S et en seconde, apprennent à manier le fauteuil roulant. « Au début c’est compliqué à manier mais on s’habitue au fauteuil, à sa vitesse et on apprécie ! », soulignent les deux jeunes hommes, pour qui l’expérience est une première.

Au dojo, des enfants testent et découvrent des pratiques sportives spécifiques aux personnes handicapées, en l’occurrence des personnes aveugles, en s’adonnant à des combats de judo un bandeau sur les yeux.

La sensibilisation commence dès le plus jeune âge puisque trois journées de l’Intégrathlon sont dédiées au public scolaire, écoles primaires, collèges, lycées, tandis que le week-end est ouvert au grand public.

Judo les yeux bandés, Integrathlon 2018, Tremblay-en-France

Accueillir les personnes handicapées sur toute l’année

L’année dernière, l’événement a attiré 2300 familles et rassemblé 2500 enfants lors des journées scolaires.

Fort de ce succès, l’Intégrathlon a au fil du temps multiplié ses partenaires, engrangeant de nouveaux soutiens notamment de l’Union européenne. Le fonds social européen (FSE) a ainsi contribué à hauteur de 92 000 euros au projet en 2016 et 2017. Passant par la région, ces fonds lui ont été attribués au titre de l’axe 4 du programme opérationnel régional 2014-2020 à savoir « favoriser les dynamiques d’inclusion ».

Simplon, ou l’inclusion sociale par le codage

Simplon forme gratuitement au métier de développeur des publics éloignés de l’emploi ou des personnes en reconversion professionnelle. Un projet qui séduit les fonds européens toutes catégories.

L’ambition du projet s’est aussi diversifiée, vers l’après-Intégrathlon et la possibilité de pérenniser l’accueil de personnes handicapées par les associations sportives.

« Même s’il y a eu des progrès, la France est en retard par exemple sur l’accessibilité des locaux », regrette Farid, 37 ans, qui pratique le foot en fauteuil depuis ses 12 ans.

Si pour certains clubs sportifs l’Intégrathlon est une exception, « d’autres associations des cinq villes ont fait le pari d’accueillir des personnes handicapées toute l’année » relève au contraire Patrick Martin.

Ainsi Éric Chambrieu, initiateur en escalade, accueille tous les quinze jours un groupe de personnes handicapées. Et si au départ « les personnes [valides] venant faire de l’escalade avaient un temps d’arrêt et restaient un peu à l’écart, aujourd’hui elles viennent dire bonjour et le contact s’est établi ».

Participants à la randonnée, Integrathlon 2018 Tremblay-en-France

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