La Géorgie attend une déclaration officielle de l’UE sur la « perspective européenne »

Irakli Kobakhidze, le secrétaire exécutif de Rêve géorgien, le parti au pouvoir en Géorgie. [Parliament of Georgia. 2018.]

La Géorgie espère « très bientôt obtenir une déclaration officielle sur la perspective européenne », a déclaré Irakli Kobakhidze, le secrétaire exécutif de Rêve géorgien, le parti au pouvoir, dans un entretien accordé à Euractiv.

« Nous pouvons considérer cela comme un objectif, comme la prochaine étape », a déclaré Irakli Kobakhidze, qui a dirigé le parlement géorgien il y a trois ans lorsque l’intégration européenne a été élevée au rang d’obligation dans la Constitution du pays.

L’accord d’association UE-Géorgie, qui constitue actuellement la base des relations du bloc avec le pays du sud du Caucase, reconnaît déjà « les aspirations européennes et le choix européen de la Géorgie ».

La « perspective européenne » correspond à la formulation utilisée pour les Balkans occidentaux, car le terme d’élargissement est devenu un tabou tacite à Bruxelles après la lassitude générale à l’égard de l’élargissement et l’opposition franche de certains États membres.

Interrogé par Euractiv, un porte-parole de la Commission a simplement déclaré que « l’UE s’attach[ait] à mettre en œuvre l’accord d’association/ALCA [accord de libre-échange approfondi et complet] dans toute sa portée, afin d’en exploiter tout le potentiel », reprenant les propos de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’issue de la téléconférence sur le partenariat oriental qui s’est tenue la semaine dernière.

Irakli Kobakhidze a déclaré que la Géorgie reconnaissait que son adhésion à l’UE ne serait pas possible « dans les toutes prochaines années, mais il est important que nous soyons cohérents dans nos efforts et que nous enregistrions des progrès permanents en ce qui concerne l’intégration à l’UE ».

« 80% des Géorgiens soutiennent l’idée de l’intégration de la Géorgie à l’UE, donc ce n’est pas seulement la volonté du gouvernement géorgien, c’est la forte volonté du peuple géorgien. »

L’homme politique a déclaré que le pays cherchait également à accélérer son intégration économique, car la croissance économique du pays est importante, tant au niveau national que pour sa candidature à l’adhésion à l’UE.

Le PIB par habitant de la Géorgie reste presque deux fois inférieur à celui de la Bulgarie, l’État membre le plus pauvre de l’UE.

« Nous sommes très intéressés par l’obtention d’un soutien identique ou du moins similaire, même si nous ne sommes pas encore membre à part entière de l’Union européenne. »

Irakli Kobakhidze a qualifié de « crucial » le vote du dimanche 21 juin, au cours duquel le parlement a adopté en première lecture le projet de réforme électorale.

Des protestations ont éclaté en Géorgie en novembre de l’année dernière, après l’échec du projet de loi qui aurait assuré des élections entièrement proportionnelles en octobre 2020.

Un compromis a été trouvé en mars entre Rêve géorgien, le parti au pouvoir, et l’opposition, après trois mois de négociations sous la médiation de représentants de l’UE, de l’Allemagne, du Conseil de l’Europe et des États-Unis.

Selon cette réforme, le nombre de députés élus à la proportionnelle dans le parlement de 150 sièges passerait de 77 à 120, le seuil électoral serait abaissé à 1 % et le parti gagnant devrait obtenir au moins 40 % des voix pour former sa propre majorité.

Toutefois, deux partis d’opposition, le Mouvement national uni et Géorgie européenne, promettent de voter contre la réforme en deuxième et troisième lecture, à moins que Giorgi Rurua, cofondateur de la chaîne de télévision Mtavari Arkhi, ne soit libéré de prison. Il a été arrêté en novembre pour possession et port illégal d’une arme à feu.

« La deuxième partie [de l’accord de mars] concernait la politisation inappropriée du système judiciaire, … et il y a eu une compréhension différente de cette disposition », a déclaré Irakli Kobakhidze, dont le parti au pouvoir maintient que le gouvernement ne peut pas interférer avec le système judiciaire.

La Cour suprême de Géorgie condamne un leader de l’opposition

La Cour suprême géorgienne a condamné l’un des principaux leaders de l’opposition politique à trois ans et deux mois de prison pour malversation. Ce qu’il dénonce comme une manœuvre politique.

Concernant la nomination de l’ancien président, Mikheil Saakashvili, qui risque de multiples peines de prison en Géorgie, comme conseiller principal du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, pour les réformes, Irakli Kobakhidze a déclaré : « Nous ne pensons pas que sa nomination ait été une décision amicale de la part du gouvernement ukrainien. »

« Mais encore une fois, nous ne pensons pas que cela influencera à long ou même à moyen terme les relations entre les pays. Aussi parce que nous pensons que Saakashvili ne parviendra pas à conserver son poste pendant une longue période. »

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