L’ambassadrice lettone en France : « Les pays Baltes restent un « îlot énergétique » »

Mme Pavluta Deslandes, ambassadrice de Lettonie

L’ambassadrice de Lettonie en France, Mme Pavluta Deslandes détaille les priorités du pays, qui occupe la présidence tournante du Conseil de l’UE  jusqu’en juillet 2015. Le Partenariat oriental et la politique énergétique figurent en tête de liste.  

Comment avez-vous établi votre liste de priorités pour cette présidence ?

Nous nous inscrivions dans le programme du trio Italie/Lettonie/Luxembourg. Nous avons aussi pris en compte le programme de la nouvelle Commission.

La question de la croissance et de la compétitivité sont prioritaires, parce que l’emploi des jeunes ne peut pas attendre. Il y a une grande mobilisation des pays membres pour que le Plan Juncker ne prenne pas des années, pour que les choses changent rapidement sur le front de l’emploi.

Le marché unique fait-il aussi partie des priorités de la Lettonie ?

Oui, la révision du Single Market Act (Acte pour le marché unique) est à l’étude. Ce qui préoccupe particulièrement les pays Baltes, c’est la question énergétique. Nous présenterons le projet d’Union énergétique en mars lors du Conseil européen, c’est un sujet crucial pour tous les États membres, et pour nous en particulier.

Les pays baltes sont encore un îlot énergétique qu’il faudrait relier au reste de l’Europe. Cela concerne à la fois l’approvisionnement en gaz, qui provient pour l’instant exclusivement de la Russie, et aussi l’électricité. Un terminal de GNL vient d’être mis en place, c’est un début, mais c’est insuffisant. La mise en place de fourniture de gaz régulière est indispensable.

En matière économique, avez-vous des projets précis ?

Pour nous la zone euro, c’est tout neuf : nous sommes entrés il y a seulement un an. Nous n’avons pas de nouvelles initiatives sur le sujet, si ce n’est la coordination des 2 pack et 6 pack qui régissent la coordination des procédures budgétaires entre la Commission et les États membres.

Quelle est votre position sur le climat ?

La présidence italienne a permis de faire émerger une contribution ambitieuse de l’UE à la politique climatique mondiale avec l’engagement de 2030. Maintenant il faut traduire ca concrètement en travaillant à la répartition de l’effort entre les 28 États membres. C’est un dossier particulièrement sensible…

Le numérique est-il important la Lettonie ?

Notre second grand bloc de priorités porte sur le numérique. Parce qu’il faut créer un climat de confiance en UE pour que le marché numérique démarre vraiment. Cela passe par la protection des données personnelles, la cybersécurité à la fois pour les consommateurs et les entreprises, mais aussi par le Paquet télécom qui est en cours de révision. Sur la question des droits d’auteur, nous voulons tenter de trouver un équilibre entre la qualité à assurer aux consommateurs et le prix raisonnable à payer.

Quel regard portez-vous sur le rôle de l’Europe dans le monde ?

Nous voulons mettre en lumière le Partenariat oriental, à l’occasion d’un sommet qui se tiendra les 21 et 22 mai à Riga. C’est un évènement complexe durant lequel nous allons réaffirmer le rôle de ce partenariat qui porte sur les relations de l’UE avec les pays de son flanc Est. Nous allons faire le point sur les accords d’association et évaluer leurs résultats. Un des sujets majeurs portera sur les visas ; certains pays comme la Moldavie sont prêts pour que les visas soient supprimés, d’autres moins. Nous allons aussi organiser une conférence des médias, avec des ONG et des médias, sur le rôle qu’ils ont à jouer autour de ce partenariat oriental.

Chaque pays a des attentes différentes de l’UE dans le cadre de ce partenariat : des attentes politiques pour certaines, économiques pour d’autres. Il faut y répondre au cas par cas. Mais nous ne concevons pas ce partenariat comme une politique destinée à diviser ou faire opposition ; au contraire nous cherchons des terrains d’entente.

Nous allons aussi nous pencher sur la politique de voisinage du Sud de l’Europe, ainsi que l’Asie centrale. Nous avons des liens historiques avec eux, nous parlons leur langue, donc c’est plus simple. La question de la sécurité de toute la région sera bien sûr importante. Mais pas seulement. Il faut aussi que l’UE se positionne sur les liens économiques : le rôle de la Chine est déjà important dans ces pays- là, la visibilité de l’UE pourrait s’accroître.  Pour cela nous misons sur des partenariats en matière d’éducation et de développement durable

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