États-Unis. Un tiers de l’électorat masculin latino-américain pourrait soutenir Donald Trump

Tandis que les élections approchent à grands pas aux États-Unis, les sondages donnent 9 points d’avance à Joe Biden à l’échelle nationale. Néanmoins, l’analyse de différents groupes d’électeurs révèle que Donald Trump bénéficie d’un soutien inattendu : les Latino-Américains. [EPA-EFE/MARIO CRUZ]

Tandis que les élections approchent à grands pas aux États-Unis, les sondages donnent 9 points d’avance à Joe Biden à l’échelle nationale. Néanmoins, l’analyse des différents groupes d’électeurs révèle que Donald Trump bénéficie d’un soutien inattendu : les Latino-Américains.

Depuis sa candidature aux présidentielles américaines en 2015, le président Trump n’a jamais caché l’opinion qu’il portait sur les immigrants, en particulier ceux originaires d’Amérique latine. À l’époque, il avait déclaré dans son discours de candidature que les immigrants mexicains « apportent la drogue. Ils apportent la criminalité. Ils sont des violeurs. Mais certains, je suppose, sont de bonnes personnes ».

Après son entrée à la Maison blanche, il a introduit une série de mesures afin de compliquer l’accès aux États-Unis pour les ressortissants d’Amérique centrale et du Sud, notamment en séparant les familles aux frontières et en augmentant le nombre d’expulsions.

De plus, la population hispanique a été l’une des plus touchées par les manquements du pays face au nouveau coronavirus. Les données fournies en août par les Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) indiquent que les personnes originaires d’Amérique latine étaient 2,8 fois plus susceptibles de contracter le virus et 4,6 fois plus sujettes à des hospitalisations que leurs homologues caucasiens.

Par conséquent, la stabilité de l’électorat hispanique de Donald Trump depuis 2016 en fait sourciller plus d’un. Un étonnement général renforcé par le sondage réalisé par le New York Times/Siena College, révélant que Joe Bide n’a que 8 points d’avance sur le président actuel auprès des hommes hispaniques, par rapport à 34 points d’avance auprès des femmes hispaniques. D’après plusieurs enquêtes, un tiers de l’électorat latino-américain pourrait soutenir M. Trump.

La participation électorale américaine devrait écrire une nouvelle page de l'histoire du pays

Bien que les élections américaines aient lieu le 3 novembre, les scrutins sont ouverts depuis des semaines. Plus de 73 millions de personnes ont déjà voté, et au vu du climat actuel, le taux final de participation pourrait être historique. Un article d’Euractiv Allemagne.

Comment Donald Trump séduit-il ?

Comme pour tous les groupes d’électeurs, les motivations et intérêts des Latino-Américains sont nombreux et variés. Dans leur cas en particulier, les affiliations politiques dépendront souvent du pays d’origine de leur famille, l’époque à laquelle ils ont immigrés, le degré de croyance religieuse, l’âge et le genre.

C’est d’ailleurs pour cette raison que le bureau de vote FiveThirtyEight a déclaré qu’« il n’existait pas de “vote latino-américain” au sens strict du terme ».

Toutefois, des recherches approfondies sur cette disparité ont mis en lumière plusieurs raisons pouvant expliquer l’attrait de Donald Trump auprès des Hispano-américains. Le site internet Latinos For Trump en présente d’ailleurs cinq : liberté, croyance, famille, économie, emploi et égalité des chances.

Certains sont surtout séduits par les idéaux individualistes du parti républicain. Randall Avil, chef du Parti républicain dans l’Orange County en Californie, a soutenu auprès de NPR « que l’esprit indépendant de notre communauté m’a vraiment poussé vers l’idéal républicain visant à garantir que vous êtes en mesure de subvenir à vos besoins et ceux de votre famille ».

D’autres ont mis en exergue leur croyance, arguant qu’ils étaient particulièrement attirés par la position des républicains sur l’avortement.

En outre, le New York Times a identifié une autre motivation après avoir mené de multiples entretiens avec des électeurs latino-américains.

« Pour eux, l’allure macho de Donald Trump est indéniable. Il est puissant, riche et surtout, il n’éprouve aucun remords. À une époque où chacun pourrait être attaqué à tout moment pour avoir tenu des propos irrespectueux, le président américain attise sans cesse la controverse, mais n’a que faire de l’autoflagellation », soutient l’article.

Par ailleurs, plusieurs électeurs révèlent s’être tournés vers les républicains, à la suite de l’échec démocrate. En septembre, « le vote latino-américain ne semble pas être pris au sérieux […] Les organisations hispaniques ne sont toujours pas financées pour inciter à voter et maximiser notre contribution », déplore Chuck Rocha, ancien conseiller électoral de Bernie Sanders, dans un entretien avec Vox.

La perte de poids de l’Oncle Sam sur la scène internationale

L’image des États-Unis d’Amérique n’a jamais été si terne aux yeux du monde, selon un sondage mené par le centre de recherche Pew Research, soulignant les lacunes américaines dans la politique étrangère et la gestion du SARS-CoV-2.

Les États pivots sont au centre de l’attention

Même de légères différences parmi les électeurs latino-américains pourraient rapporter gros à Donald Trump. D’après Pew Research, ils constituent le groupe non caucasien le plus important du pays et dont la croissance est la plus rapide. Ceux-ci représentent donc une partie significative de l’électorat de chaque État.

Ils jouent certes un rôle important dans l’élection du président, mais détiennent surtout une place cruciale dans les États pivots, que l’un des candidats doit remporter par le biais du Collège électoral pour accéder Washington.

Au Texas, par exemple, 30 % des électeurs éligibles sont originaires d’Amérique latine, et en Arizona ce taux atteint 24 %, fait remarquer Pew Research. Si les écarts sont serrés dans ces États, même un infime pourcentage d’Hispano-américains en faveur de Donald Trump pourrait faire basculer l’État – et tous les votes de son Collège électoral – dans le Parti républicain.

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