À la suite de la prise d’assaut du Capitole, les appels à destituer Donald Trump se multiplient

De plus en plus de législateurs et représentants du gouvernement parmi les républicains et démocrates appellent à destituer Donald Trump à la suite de l’insurrection au Capitole qui a éclaté mercredi (6 janvier). EPA-EFE/SHAWN THEW [EPA-EFE | Shawn Thew]

De plus en plus de législateurs et représentants du gouvernement parmi les républicains et les démocrates appellent à destituer Donald Trump à la suite de l’insurrection au Capitole qui a éclaté mercredi (6 janvier). Au lendemain des affrontements, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi s’est prononcée en faveur de la destitution du président via le 25e amendement ou la procédure d’impeachment (mise en accusation). Un article d’Euractiv Allemagne.

À un peu moins de deux semaines de l’entrée de Joe Biden à la Maison Blanche, les législateurs s’inquiètent des dommages éventuels que pourrait causer Donald Trump au fil de ses derniers jours en fonction, et  ce au vu de ses propos incendiaires et de son incapacité à condamner les débordements de ses partisans au Capitole.

Le dirigeant américain a rapidement été tenu responsable de l’incident. Le sénateur républicain Mitt Romney n’a pas mâché ses mots lors d’un discours donné au Sénat à la suite de la prise d’assaut, déclarant que l’« insurrection » était l’œuvre d’un homme égoïste blessé dans sa fierté et de l’indignation de ses partisans qu’il a délibérément trompés au cours de ces derniers mois.

Des manifestants pro-Trump prennent d'assaut le Capitole américain

Des partisans du président américain Donald Trump ont forcé des barrages de sécurité de la police et pris d’assaut le Capitole ce mercredi 6 janvier, interrompant le décompte des voix du Congrès qui devait confirmer la victoire du président élu Joseph R. Biden Jr.

« Il est mieux que les choses changent en votant qu’en invoquant le 25e amendement ou la procédure d’impeachment. Mais, à la suite des affrontements, la population s’est rendu compte qu’il fallait “tracer une limite quelque part” », a indiqué Sudha David-Wilp, directrice adjointe du German Mashall Fund (GMF) à Berlin, lors d’un entretien avec Euractiv Allemagne.

Selon Mme David-Wilp, le parti républicain endosse également une certaine responsabilité dans l’incident. « Donald en est certes la source, mais les républicains sont aussi complices […], à l’instar de la dizaine de Sénateurs et des républicains de la Chambre s’opposant à l’adoubement de Joe Biden par le Congrès ».

Lors d’une marche à Washington organisée quelques heures avant l’insurrection, Donald Trump a encouragé ses partisans à se battre pour lui, avançant qu’il était impossible de reprendre le contrôle du pays en faisant preuve de faiblesse. Il avait d’ailleurs tweeté plus tôt que la manifestation du 6 janvier serait « sauvage ».

Depuis sa défaite aux élections en novembre, le président sortant à échauffé les esprits de ses partisans, martelant sans relâche des théories complotistes selon lesquelles les élections lui avaient été volées en raison de fraude électorale dans les États clés (ou « Swing States »). Depuis, ses suspicions ont toutes été réfutées. De plus, son équipe juridique n’est pas non plus parvenue à identifier de fautes graves dans les processus de comptage des voix.

Mercredi, après la prise d’assaut pro-Trump, le locataire de la Maison Blanche a répété ses mensonges, accusant le parti démocrate de fraude électorale.

Le Congrès américain adoube Joe Biden, Trump promet une « transition ordonnée »

Après la violente attaque du Capitole par des manifestants pro Trump, le Congrès américain a ratifié ce jeudi 7 janvier la victoire du président élu, le démocrate Joe Biden, au cours des élections de novembre dernier. Un article d’Euroefe.

Investiture de Joe Biden : J-12

Malgré le chaos, les législateurs ont été en mesure de reprendre la procédure de confirmation de Joe Biden à la présidence dans la nuit de jeudi (7 janvier). La voie sera donc libre pour l’entrée du démocrate à la Maison Blanche le 20 janvier, tandis que bon nombre des membres du Congrès soulèvent des inquiétudes face aux agissements récents du président sortant.

Après que la police a repris le contrôle du Capitole, la représentante démocrate Ilhan Omar a fait savoir qu’elle envisageait de présenter de nouveaux articles de mise en accusation au Congrès en vue de destituer le président, tweetant que « nous ne pouvons l’autoriser à rester au pouvoir, il s’agit ici de protéger notre République et nous devons tenir notre serment ».

Les articles d’impeachment débuteraient la procédure de destitution de Donald Trump par l’intermédiaire du Congrès, qui pourrait accuser et poursuivre le président pour « trahison, corruption ou autres crimes sévères et malversations ». La Chambre des représentants doit d’abord se prononcer sur les articles susmentionnés par le vote, ceux-ci ne nécessitant que la majorité simple pour être adoptés.

Si les textes sont approuvés, ce qui est fort probable au vu du contrôle démocrate au sein de la Chambre, un procès sera ouvert au Sénat. En qualité de jurés, les Sénateurs devront voter la destitution de Donald Trump, qui requiert la majorité des deux tiers. Si tel venait à se produire, le président républicain ne pourrait plus jamais être élu.

Face à l'insurrection au Capitole américain, la droite européenne joue les funambules

Tandis que le Congrès américain a confirmé la victoire de Joe Biden dans la nuit de jeudi (7 janvier), de plus en plus de voix s’élèvent à travers le navire européen, notamment au sein de la droite, et condamnent l’insurrection pro-Trump au Capitole.

Aucun des trois présidents américains ayant été mis en accusation jusqu’à présent n’a été destitué par le Sénat.

Contrairement aux appels précédents à l’impeachment du président, les voix pour ce faire ne s’élèvent plus seulement du coup de l’extrême gauche. Plus d’une centaine de législateurs démocrates se sont en effet prononcés en faveur du retrait de Donald Trump. Le gouvernement républicain du Vermont Phil Scott a également exhorté le dirigeant à se retirer.

En outre, le recours au 25e amendement visant à obliger Donald Trump à se retirer nécessiterait l’approbation de son vice-président Mike Pence.

Jeudi (7 janvier), Nancy Pelosi a menacé de mettre en œuvre la procédure d’impeachment si le vice-président et le cabinet continuaient d’ignorer le 25e amendement, garantissant une tentative de destitution avant la fin du mandat présidentiel.

Aux yeux de Sudha David-Wilp, le 25e amendement « est un processus plutôt lourd, mais la mise en accusation demeure envisageable ». Admettant que le retrait de Donald Trump par le Sénat ne serait pas chose facile, la directrice adjointe a laissé entendre que les démocrates « pourraient être capables de persuader » certains républicains modérés.

Les promesses d’une transition ordonnée

Tandis que les appels à la destitution se multiplient, le président américain a promis une « transition ordonnée » par l’intermédiaire de son porte-parole Dan Scavino. Néanmoins, il refuse toujours d’avouer sa défaite.

Ce communiqué permettra-t-il d’apaiser les tensions dans les prochaines semaines ? Le doute plane.

« Il sera très complexe pour le président élu Joe Biden de calmer les esprits… je pense tout de même que la transition se fera de façon ordonnée, mais cela ne veut pas dire que le chemin à parcourir d’ici là ne sera pas semé d’embûches », a conclu Mme David-Wilp.

Subscribe to our newsletters

Subscribe