Aide humanitaire de l’UE aux Coréens du Nord, « qui se nourrissent d’herbe »

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L’Union européenne va envoyer de l'aide humanitaire à la Corée du Nord, dont les habitants souffrent tellement de la faim que manger de l'herbe est devenu monnaie courante, a annoncé hier la Commission (4 juillet).

La Commission européenne va apporter une aide alimentaire d’urgence à plus d’un demi million de personnes risquant de mourir de grave malnutrition en Corée du Nord, en raison de craintes grandissantes de crise alimentaire, a annoncé l’exécutif européen.

« Des mesures de plus en plus extrêmes et désespérées sont prises par les Nord-coréens durement touchés ; de nombreuses personnes mangent notamment de l’herbe », explique un communiqué de presse.

Lorsqu’EURACTIV a demandé à David Sharrock, porte-parole de la commissaire chargée des affaires humanitaires Kristalina Georgieva, comment l’UE avait eu vent de la situation humanitaire dans un pays si fermé, celui-ci a expliqué qu’en réalité, Pyongyang avait demandé de l’aide à Bruxelles.

Il semblerait que la Commission soit parvenue à envoyer une équipe commune d’investigation dans le pays, en juin. Les représentants de l’UE ont visité trois provinces (le Pyongan du Nord, le Hamgyong du Sud et le Kangwon), ainsi que plusieurs comtés, hôpitaux, cliniques, crèches, fermes et maisons individuelles.

La mission a confirmé la gravité de la situation alimentaire. Selon le rapport, les rations alimentaires distribuées par l’Etat, dont dépendent les deux tiers de la population nord-coréenne, ont été réduites de manière significative ces derniers mois, de 400 g de céréales par personne et par jour début avril à 150 g en juin, soit moins de 400 kcal. Cela représente un cinquième des besoins nutritionnels journaliers moyens, et correspond à un petit bol de riz.

Prévenir les risques de détournement alimentaire

David Sharrock a également expliqué que le système avait été mis en place de façon à ce que l’aide européenne, qui s’élèvera à 10 millions d’euros et devrait toucher 650 000 personnes, atteigne bel et bien les bénéficiaires visés et ne soit pas interceptée par les autorités.

Un encadrement et un contrôle stricts ont été déterminés avec le Programme alimentaire mondial (PAM) afin de limiter le risque de détournement, a-t-il encore ajouté.

Selon des sources, les causes des problèmes alimentaires de cette année sont liées à une mauvaise gestion économique, exacerbée par l’interruption des aides traditionnellement fournies par la Chine et la Corée du Sud. En effet, les tensions sont toujours fortes depuis les échauffourées militaires en fin d’année dernière entre les deux Corées, et la Corée du Sud a réagi à la décision d’aide de l’UE en annonçant qu’elle n’en ferait pas de même.

Des mauvaises conditions météorologiques seraient un autre facteur.

Ce n’est pas la première fois que la Commission apporte une aide humanitaire particulièrement nécessaire à la Corée du Nord.

De 1995 à 2008, l’exécutif européen avait fourni environ 124 millions d’euros d’aides humanitaires à la Corée du Nord, apportant des denrées alimentaires d’urgence, améliorant les services sanitaires et fournissant un accès à l’eau potable et à des équipements sanitaires. Pour aider la Corée du Nord à s’atteler au problème structurel d’insécurité alimentaire, la Commission a également investi 35 millions d’euros entre 2007 et 2010 dans des projets de nutrition à long terme dans ce pays démuni.

La Corée du Nord, officiellement dénommée République populaire démocratique de Corée (RPDC), est un pays communiste et autarcique gouverné de manière dictatoriale par Kim Jong-il, fils de Kim Il-sung, qui a gouverné le pays de sa fondation en 1948 à sa mort.

 

Le pays s’est séparé de la Corée du Sud, prospère, en 1945. La frontière actuelle, la plus fortifiée du monde, a été fixée suite à la guerre de Corée de 1952. Le traité de paix n’a jamais été signé.

 

En 2009, les tensions entre la Corée du Nord et la Corée du Sud se sont intensifiées, alors que Pyongyang suivait un programme de missiles balistiques et nucléaires. Ces tensions ont atteint leur paroxysme lorsque la Corée du Nord a fait sombrer le navire de guerre sud-coréen Chenoan en mai 2010. Séoul a alors rompu tout lien avec Pyongyang. En novembre 2010, la Corée du Nord a attaqué l’île de Yeopnpyeong, appartenant à la Corée du Sud, ce qui a déclenché un tollé international.

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