Angela Merkel plaide pour une meilleure protection des données

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La chancelière allemande, Angela Merkel, veut mettre sur la table le sujet de la protection des données au sommet franco-allemand. Objectif : éviter l'espionnage des données européennes par les États-Unis.

Angela Merkel a son propre agenda pour le sommet franco-allemand du mercredi 19 février. Elle milite pour une protection renforcée des données en Europe après la surveillance de masse déployée par l'Agence américaine de la sécurité nationale (NSA). Même le téléphone de la chancelière allemande aurait été espionné par les services américains.

Elle a indiqué dans son podcast hebdomadaire qu'elle voyait d'un mauvais œil les pratiques de certaines entreprises, comme Google et Facebook, qui établissent leurs sièges dans des pays où les niveaux de protection des données sont bas alors qu'elles opèrent dans des pays où la protection des données est au contraire élevée, tels que l’Allemagne. « Nous allons discuter avec la France de la manière dont nous pouvons conserver un degré élevé de protection des données », a-t-elle déclaré.

« Surtout, nous allons aborder la question de fournisseurs d'accès européens offrant une sécurité à nos citoyens, afin que personne n'ait à envoyer des courriels et d'autres informations de l'autre côté de l'Atlantique. Il serait préférable de créer un réseau de communication à l'intérieur même de l'Europe », a-t-elle ajouté. L'Allemagne plaide, pour l'instant en vain, en faveur d'un accord de « non-espionnage » avec Washington.

Selon le cabinet de François Hollande, les gouvernements discutaient du dossier et Paris a accepté les propositions de Berlin. « Maintenant que le gouvernement allemand est formé, il importe que nous prenions ensemble l'initiative », a assuré un représentant.

Aucune contradiction avec les plans de l’UE

Ryan Heath, porte-parole de Nellie Kroes, a répondu à la presse qu'il ne voyait aucune contradiction avec la position de la commissaire en charge de la stratégie numérique sur l'Internet. Selon elle, aucun contrôle gouvernemental ne devrait être imposé sur la toile.

Il a ajouté que l'exécutif européen soutenait l'appel d'Angela Merkel en faveur d’une amélioration des réseaux et de leur sécurité.

« Ces thèmes concernent tous les Européens et nécessitent donc des solutions européennes », a affirmé Ryan Heath. Selon lui, la commissaire a formulé des propositions allant dans ce sens. Elle a ainsi avancé l’idée d'un cloud européen, de faire voter un paquet de réformes sur la protection des données et d’une proposition de règlement sur le marché unique des télécommunications.

« Nous attendons beaucoup des discussions de mercredi et espérons qu'elles pourront accélérer [la mise en place de] ces propositions que nous avons déjà formulées dans ce domaine », a-t-il déclaré.

Le porte-parole a également affirmé qu'Angela Merkel n'avait pas proposé « un Internet européen » distinct de la toile mondiale. Mais, il a précisé que la chancelière cherchait actuellement une solution pour que les données des Européens soient stockées sur le territoire de l'Union et n’en sortent plus. Ryan Heath a néanmoins indiqué que plus de détails sur le dossier seraient disponibles à la suite des discussions à Paris, auxquelles assisteront également « des industriels influents ». 

Le lanceur d'alerte, Edward Snowden, ancien employé de l'Agence américaine de la sécurité nationale (NSA) et de la CIA, a révélé en mai 2013 à des médias, dont The Guardian, des milliers de documents confidentiels de la NSA. Ces documents divulguaient les détails opérationnels des programmes illégaux de surveillance sur Internet et d’écoute téléphonique massive au niveau mondial. Edward Snowden s'est réfugié tout d'abord à Hong Kong et a ensuite obtenu temporairement l’asile en Russie.

Les États-Unis auraient mis sur écoute les conversations téléphoniques des dirigeants de l'Union, mais se sont aussi livrés à de l'espionnage économique et collecté des données personnelles, ce qui a causé l'indignation parmi les Européens. Cette révélation a mis en péril les efforts de négociation entrepris par l'Union européenne et les États-Unis dans les pourparlers historiques dans le cadre du partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP). 

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