Après l’échec de Borrell à Moscou, Michel veut se rendre à Kiev et Tbilissi

Le président du Conseil européen Charles Michel se rendra en Géorgie et Ukraine en mars pour souligner la position de soutien de l'UE à leur souveraineté et à leur intégrité territoriale". [Alexandros Michailidis/Shutterstock]

Alors que les législateurs européens ont réprimandé le diplomate Josep Borrell pour son malheureux voyage en Russie, le président du Conseil européen Charles Michel a annoncé qu’il se rendrait en Ukraine et en Géorgie en mars.

Le président du Conseil se rendra dans les deux pays en conflit, sur leur territoire, avec le Kremlin « pour souligner la position de soutien de l’UE à leur souveraineté et à leur intégrité territoriale », a déclaré un porte-parole.

L’Ukraine est en conflit avec la Russie en raison de son annexion de la péninsule de Crimée et de son soutien aux forces séparatistes orientales qui mènent une guerre avec Kiev depuis 2014. La Géorgie, quant à elle, tente d’attirer l’attention de la communauté internationale sur l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, les deux régions qu’elle a perdues après sa brève guerre avec la Russie en août 2008 et que la Cour européenne des droits de l’homme siégeant à Strasbourg a récemment reconnue comme étant « effectivement contrôlée » par la Russie.

Les deux pays ont annoncé leur intention d’adhérer à l’UE, la Géorgie se fixant pour objectif de présenter une demande officielle d’ici 2024, même si, jusqu’à présent, leurs signaux ont reçu un accueil glacial de la part de Bruxelles, frileuse de l’élargissement.

Sous pression, Borrell durcit sa ligne à l'égard de la Russie

Face aux appels à la démission, le diplomate en chef de l’UE Joseph Borrell a annoncé, mardi 9 février, des « propositions concrètes » en vue de sanctionner Moscou, tandis que les députés l’accusent de « tomber dans le piège » tendu par le ministre russe des affaires étrangères Sergueï  Lavrov.

Ce voyage est également susceptible d’apaiser les faucons russes du Parlement européen, qui réclament un soutien accru pour Tbilissi et Kiev. « Nous devons faire des efforts pour renverser la mauvaise impression faite par la visite de Josep Borrell à Moscou », a déclaré Anna Fotyga, députée européenne des Conservateurs et Réformistes européens (ECR), eurosceptiques. « La meilleure façon d’y parvenir est d’arrêter immédiatement le Nord Stream 2, et pour M. Borrell de faire des voyages urgents à Kiev et à Tbilissi », a ajouté la législatrice polonaise.

Une discussion sur les relations avec la Russie était à l’ordre du jour lors de la rencontre de Michel avec le premier ministre ukrainien Denys Shmyhal à Bruxelles mardi (9 février). « La position agressive de la Russie pendant la visite du Haut représentant montre que la Russie n’est pas intéressée par le dialogue, même dans les domaines où la coopération pourrait être d’intérêt mutuel – ou mondial », a déclaré le porte-parole de Michel après la réunion.« L’UE ne sera pas intimidée », a-t-il ajouté.

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Bien que cela ne soit pas encore confirmé, M. Michel pourrait maintenant inclure les relations UE-Russie comme un bref point à l’ordre du jour du vidéo-rencontre des dirigeants européens des 25 et 26 février, qui devrait également inclure un « débat stratégique » sur la politique européenne de sécurité et de défense. Une discussion plus approfondie sur la Russie a déjà été annoncée pour le sommet des dirigeants européens des 25 et 26 mars.

Des sanctions contre Moscou pourraient maintenant être envisagées, après que M. Borrell a durci sa position à la suite du voyage qui a indiqué que les relations UE-Russie ont touché le fond. « Il appartiendra aux États membres de décider de la prochaine étape, mais oui, cela pourrait inclure des sanctions, et je vais faire des propositions concrètes en utilisant le droit d’initiative dont dispose le haut représentant », a déclaré M. Borrell au Parlement européen, mardi (9 février).

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(Édité par Magdalena Pistorius)

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