Le Brexit met sur la sellette l’aide au développement britannique

L'iNde est un des premier bénéficiaire de l'aide britannique [Reuters/Jayanta Dey]

David Miliband, président du Comité international de secours, a qualifié de « diffamatoires » les accusations des médias sur l’utilisation du budget britannique consacré à l’aide au développement.

Lors d’un discours à Oxford le 22 février, l’ancien ministre des Affaires étrangères, issu du Parti travailliste, a défendu l’objectif de dépenses de 0,7 % du PIB allouées à l’aide au développement, alors que le pays réfléchit à sa stratégie post-Brexit en matière de solidarité internationale.

David Miliband réagit ainsi aux rumeurs lancées par la presse britannique de droite, plus précisément par le Daily Mail, qui a cité des exemples de « gaspillage » de fonds destinés aux interventions humanitaires à l’étranger, pour lesquelles le Royaume-Uni est l’un des rares États membres de l’UE à atteindre son objectif de dépenses.

>> Lire : La fraude touche de plein fouet l’aide au développement britannique

Ces révélations interviennent peu de temps après l’arrivée de la nouvelle ministre du Développement, Priti Patel, qui s’est exprimée contre le gaspillage du budget d’aide et de son conseiller spécial, qui avait préconisé la fermeture définitive du Département du développement international.

Des fuites relayées par le quotidien The Guardian avait révélé que David Miliband comptait déclarer que les accusations concernant l’utilisation du budget au développement ne constituaient « qu’une information mensongère de plus » lors de son discours au théâtre Sheldonian d’Oxford.

Renflouer les services de soins de santé

« Étant donné que l’on a vanté le Brexit comme une façon de lever des fonds pour les services de soins de santé (NHS) et que cette indication s’est révélée complètement infondée, récupérer des fonds normalement destinés à l’aide au développement apparaît comme un moyen de renflouer les poches du NHS », continue-t-il.

« Or, non seulement le budget de l’aide au développement ne représente qu’un dixième de celui du NHS, mais les difficultés rencontrées par celui-ci n’ont également rien à voir avec les généreuses sommes versées pour les interventions humanitaires. »

« En réalité, les fonds dépensés à des fins humanitaires ont coûté 290 £ par an et par contribuable anglais âgé de 16 à 64 ans. C’est à peine plus de la moitié de la somme gaspillée par un citoyen lambda pour acheter de la nourriture qu’il ne consommera jamais », a comparé David Miliban, qui fécilite les ministres pour avoir tenu bon face aux accusations.

Dans son premier discours en tant que ministre du Développement, Priti Patel a affirmé qu’une part trop importante du budget au développement avait été gaspillée, volée ou dépensée dans des projets inadéquats. Elle s’est par ailleurs engagée à adopter une nouvelle approche fondée sur des « principes conservateurs de base ».

Ces dernières semaines, le Daily Mail a publié plusieurs unes évoquant un gaspillage ou des abus présumés de fonds britanniques destinés au développement. Le journal cite l’argent dépensé pour aider des familles pauvres au Pakistan, des personnes âgées en Chine ou encore des habitants des Îles Pitcairn, dans le Pacifique.

Objectif atteint

Les gouvernements conservateurs de David Cameron, puis de Theresa May se sont engagés à maintenir un objectif de dépenses de 0,7 % du PIB, objectif qui avait été auparavant atteint par le gouvernement travailliste.

Si l’UE est le principal donateur d’aide publique au développement (APD), seulement cinq États membres (le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et le Luxembourg) respectent leurs objectifs. La sortie du Royaume-Uni de l’UE laissera donc un vide considérable dans le budget européen au développement, aussi bien en termes purement numériques que pour contrebalancer d’autres financements externes.

David Miliband était sur le point de devenir chef du Parti travailliste en 2010, mais a été devancé de peu par son frère, Ed, qui a perdu l’élection générale de 2015. Il dirige à présent le Comité international de secours à New York, bien que des rumeurs courent sur son possible retour sur l’échiquier politique britannique. D’après certaines sources, il aurait également voulu se présenter comme candidat à la présidence de la Commission européenne.

>> Lire : Un rapport met en garde contre le détournement de l’aide au développement

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer