Attentat à la bombe contre des touristes israéliens en Bulgarie

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Une attaque terroriste sans précédent a frappé l’aéroport bulgare de Burgas hier (18 juillet), lorsqu’un homme a activé une bombe dans un bus rempli de touristes israéliens venus passer leurs vacances sur les côtes bulgares de la mer Noire. Au moins huit personnes ont été tuées et 30 autres blessées. La haute représentante de l’Union pour la politique étrangère, Catherine Ashton, s’est dite scandalisée et profondément choquée par ces attaques.

Le premier ministre bulgare, Boïko Borissov, s'est rendu à Burgas peu après l'explosion et a indiqué qu'il s'agissait d'un attentat-suicide. Le kamikaze a réussi à monter dans le bus alors qu'il ne faisait pas partie du groupe de touristes.

M. Borissov a ajouté que cet homme avait présenté aux autorités de l'aéroport un permis de conduire américain, mais que les États-Unis avaient entre-temps indiqué que ce document était faux.

Il n'a pas expliqué pourquoi le système de contrôle n'était pas parvenu à détecter le faux document.

L'explosion a eu lieu aux alentours de 17h30 et a déclenché un mouvement de panique lors duquel personne ne savait le nombre exact de morts et de blessés. L'ambulance aurait mis 20 minutes à arriver sur les lieux. Les autorités ont alors fermé l'aéroport et tous les vols ont été annulés. Peu d'images de la scène ont été diffusées par les chaînes de télévision bulgares.

Cette explosion a eu lieu 18 ans après une attaque à la bombe contre les bureaux de la principale organisation juive en Argentine. Le kamikaze iranien soutenu par le Hezbollah avait tué 85 personnes.

L'Iran soupçonné d'avoir orchestré cet attentat

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a accusé l'Iran et déclaré que son pays prendrait des mesures de représailles.

« Toutes les pistes mènent à l'Iran. Au cours des derniers mois seulement, nous avons vu plusieurs tentatives de l'Iran pour attaquer des Israéliens en Thaïlande, en Inde, en Géorgie, au Kenya, à Chypre et ailleurs », a déclaré M. Netanyahu dans un communiqué.

« Exactement 18 ans après l'attentat contre la communauté juive en Argentine, le terrorisme iranien continue de faire d’innocentes victimes. Cette offensive terroriste iranienne se répand dans le monde entier. Israël réagira avec force contre le terrorisme iranien », a-t-il déclaré.

Des représentants israéliens avaient déjà prévenu que la Bulgarie, une destination très prisée par les touristes israéliens, était vulnérable face aux offensives des militants islamistes qui peuvent entrer dans le pays par la Turquie.

Des experts israéliens de la sécurité sont arrivés en Bulgarie quelques heures après l'explosion.

La Bulgarie entretient d'excellentes relations avec Israël. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le pays fut le seul allié de l'Allemagne à avoir réussi à protéger toute sa communauté juive (48 000 personnes) de la déportation vers les camps de concentration et de l'extermination. Malgré les pressions d'Adolf Hitler, le parlement du pays, son église orthodoxe, ses intellectuels et ses citoyens se sont opposés aux déportations.

L'expert anti-terroriste Ivan Boyadjiev a déclaré à la télévision nationale qu'il s'agissait de la première attaque terroriste de ce type en Bulgarie. Il a accusé de négligence l'entreprise privée qui était responsable de la sécurité de ces touristes israéliens.

Des avertissements ignorés ?

Vladimir Chukov, expert en question de sécurité et spécialiste du Moyen-Orient, a affirmé que Sofia avait reçu début 2012 des avertissements des autorités israéliennes quant à l'éventualité d'une attaque terroriste contre des touristes israéliens sur le territoire bulgare. Il a ajouté que ces avertissements n'avaient pas été pris au sérieux.

En janvier, le quotidien israélien Haaretz a fait savoir que les autorités du pays avaient demandé à plusieurs pays de l'UE, dont la Bulgarie, de prendre des mesures pour protéger ses touristes.

M. Borissov avait alors minimisé les risques de terrorisme radical dans son pays.

« Il suffit que quelqu'un écrive quelque chose, et tout le monde me demande si un acte terroriste va se produire. C'est néfaste pour le tourisme », avait-il commenté avant d'aller jusqu'à accuser le journal israélien d'avoir été payé pour dénigrer son pays.

Suite à l'attaque terroriste de l'aéroport russe de Domodedovo en janvier 2011, M. Borissov avait déclaré qu'une telle offensive ne pouvait se produire en Bulgarie.

«  Le monde arabe fait des affaires avec la Bulgarie. Il y a des vendeurs de kebabs à tous les coins de rue. Nous espérons que les gens qui prennent ce genre de décisions tiendront compte de cela », avait-il commenté.

La haute représentante Catherine Ashton s'est dite « scandalisée » et « profondément choquée » par cet attentat à Burgas.

Mme Ashton s'est toutefois gardée d'accuser l'Iran.

« Les terroristes qui ont commandité et mené cette attaque doivent comparaître en justice », a-t-elle déclaré.

Ce triste événement a éclipsé l'annonce d'un rapport publié par la Commission hier révélant l'échec de la Bulgarie face au crime organisé.

Le pays aspire à devenir membre de l'espace Schengen de libre circulation. L'explosion à Burgas pourrait toutefois soulever des questions sur sa capacité à protéger ses frontières.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a fait la déclaration suivante :

« Je condamne cette attaque odieuse et lâche contre des touristes innocents à l'aéroport de Burgas en Bulgarie. Au nom du Parlement européen, je présente mes condoléances aux familles et aux amis des victimes et je souhaite un bon rétablissement aux blessés.  Les autorités bulgares et israéliennes ont entamé une enquête approfondie sur cet incident qui a tué des citoyens des deux États. Les derniers rapports confirment qu'il s'agissait bien d'une attaque terroriste, que je condamne sans réserve. Les auteurs de ce crime barbare doivent être traduits en justice. »

« Cette attaque est terrible et inexcusable », a déclaré le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle, dont les propos ont été relayés par Reuters. « Il faut agir de façon responsable. Nous ne disposons d'aucune information. Nous recommandons de faire preuve de prudence avant de commencer à désigner des coupables », a-t-il prévenu.

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