Au G7, la France prêchera le multilatéralisme face aux inégalités

Contre les inégalités et pour le multilatéralisme, Emmanuel Macron avait déjà tracé les grandes lignes de la présidence française du G7 à l'ONU, en septembre.

La lutte contre les inégalités et contre le réchauffement climatique seront des objectifs clés de la France à la tête du G7, qu’elle préside en 2019. Le rapprochement avec le continent africain est aussi mis en exergue, dans un souci de multilatéralisme.

Sur la scène nationale comme internationale, les inégalités imputées à la mondialisation sont sur toutes les lèvres. Devant l’assemblée des Nations-Unies en septembre 2018, Emmanuel Macron, le président français, avait lancé un vibrant appel à la mobilisation où il évoquait les « laissés pour compte de la mondialisation ».

Comme pour donner du corps à ce message, le mouvement des « gilets jaunes » prévoit une énième manifestation samedi 5 janvier, après déjà plus d’un mois de mobilisation.

Macron veut un «nouveau contrat mondial»

Soigner la France, l’Europe et le monde, telle est la prescription que le docteur Macron a proposé mercredi lors de son intervention au forum de Davos. Il a promu une France conquérante, « de retour » dans une future « Europe puissance » et plaidé pour un nouveau « contrat mondial » face à la montée des égoïsmes nationaux. Un article de notre partenaire, La Tribune.

 

Le combat pour ajouter une « dimension sociale » à la mondialisation et réduire ces inégalités sera donc « le fil rouge de la présidence française du G7 ». Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères, s’est chargé de le rappeler lors de la présentation de la feuille de route du mandat français, le 18 décembre à Biarritz.

Inégalités femmes-hommes

La ville basque abritera, du 24 au 26 août, un sommet entre les chefs d’État du « groupe des sept » (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Japon, Canada et États-Unis), censé représenter les plus grandes puissances économiques mondiales. Depuis le premier janvier, la France en a pris les commandes pour un an et pour la septième fois depuis sa création, en 1975.

« L’une des premières priorités sera d’intensifier la lutte contre les phénomènes d’optimisation fiscale et les paradis fiscaux », a également fait savoir le ministre.

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Mais ces inégalités ne sont pas les seules dans la ligne de mire française. Les disparités entre femmes et hommes, grande cause du quinquennat d’Emmanuel Macron, seront très discutées puisque l’adoption d’un « pacte de Biarritz pour l’égalité » ainsi que la création d’un prix « Simone Veil » sont dans les cartons. Il récompensera les actions en faveur de la liberté de la femme.

Une place spéciale pour l’Afrique

Conscient que ces batailles se mènent en premier lieu par l’éducation, Paris poussera le G7 a « agir résolument dans ce domaine, notamment pour les filles et en premier lieu au Sahel ». Le président français avait réaffirmé cet engagement il y a près d’un an, lors d’une conférence à Dakar pour le Partenariat mondial pour l’éducation, qui vise à promouvoir l’école dans 65 pays en développement, majoritairement en Afrique.

Le continent africain est d’ailleurs l’une des grandes priorités de cette année de présidence. La volonté affichée est de renforcer les liens avec les pays du sud de la Méditerranée pour soutenir la paix et la lutte contre le réchauffement climatique, dans une région du monde qui en souffre durement.

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L’organisation d’un troisième sommet « One Planet » est prévue concomitamment à la réunion de Biarritz. Créée en 2017, cette assemblée public-privé se veut un complément aux COP (institutionnelles) et une incitation de plus à respecter les engagements climatiques pris à Paris en 2015. En décembre, Jean-Yves Le Drian avait rappelé « l’attachement » de la France à cet accord et promis de « mettre l’accent sur la finance climatique ».

Objectif multilatéralisme

Elle est surtout une démonstration supplémentaire du multilatéralisme prôné par Emmanuel Macron, qu’il avait longuement défendu lors de son allocution à l’ONU. Face à l’Amérique de Donald Trump, à l’Italie de Matteo Salvini et au Royaume-Uni en plein Brexit, la France veut associer à ce G7 des pays qui n’en font pas partie mais qui « partagent l’ambition de la France sur les sujets prioritaires ».

Certaines autres thématiques, comme le numérique (sécurité, transformation sociale…), seront donc également abordées en présence de pays non-membres. L’Inde, l’Afrique du Sud, le Mexique ou l’Australie seront bien présents à Biarritz en août.

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