L’Autriche veut stopper les négociations sur l’adhésion de la Turquie

Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, marche sur la corde raide en voulant geler l’adhésion de la Turquie à l’UE et en insistant sur de nouvelles relations avec le Kremlin. [Conseil européen]

Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, réclame un gel du processus d’adhésion de la Turquie à l’UE. Il souhaite par ailleurs faire le pont entre l’Occident et la Russie. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, campent sur des positions opposées concernant les négociations d’adhésion avec Ankara.

En effet, le Jean-Claude Juncker a déclaré à l’hebdomadaire allemand, Welt am Sonntag, qu’il n’était pas d’accord avec la position du Parlement européen et qu’il ne souhaitait pas geler le processus d’adhésion. Il a ajouté qu’il ne voulait pas décevoir les Turcs qui espèrent que le pays s’ouvrira et s’adaptera aux normes de l’UE. Selon lui, l’UE devrait travailler à un rapprochement avec la Turquie et non pas l’inverse.

Sebastian Kurz veut cependant amender une résolution du Conseil européen, qui affirmait qu’en plus de poursuivre les négociations avec la Turquie, l’UE devait aller de l’avant dans le processus d’adhésion des Balkans occidentaux.

Un sujet délicat puisque l’Autriche est un fervent partisan de l’intégration des Balkans. Sebastian Kurz travaille donc avec ses homologues bulgare et néerlandais pour modifier le passage sur la Turquie, afin qu’une décision unanime sur le sujet puisse être prise.

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Au centre de ses arguments se trouve l’idée selon laquelle l’UE « ne peut pas continuer en faisant comme si rien ne se passait » par rapport aux arrestations, aux restrictions des libertés fondamentales, et à la répression des médias en Turquie, surtout depuis le coup d’État avorté de juillet. Sebastian Kurz estime que la crédibilité de l’UE est en jeu et qu’il est important que l’Union n’adopte pas une approche « deux poids deux mesures ».

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Alors que le ministre autrichien maintient une ligne dure face à Ankara, il souhaite au contraire négocier une nouvelle relation avec Moscou. À la fin de la 23ème conférence de l’OSCE à Hambourg, qu’il présidera l’année prochaine, Sebastian Kurz a révélé que l’une de ses priorités était de tisser de nouveaux liens entre l’Occident et la Russie.

Même si la Russie a franchi une « ligne rouge » avec l’annexion de la Crimée, il estime toutefois qu’un dialogue est nécessaire. À l’inverse de sa position vis-à-vis d’Ankara, Sebastian Kurz a déclaré « si nous voulons de la sécurité, nous devons être le pont entre l’Est et l’Ouest ».

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