Birmanie : l’UE condamne une violence « inacceptable », « une voie insensée »

Les militants pour le rétablissement de la démocratie en Birmanie avaient appelé à de nouvelles manifestations samedi, jour où l'armée organise tous les ans un gigantesque défilé devant le chef de l'armée, désormais à la tête de la junte, le général Min Aung Hlaing [ANDY RAIN]

L’Union européenne, par la voix de son chef de la diplomatie, a condamné dimanche soir « une escalade de la violence inacceptable », « une voie insensée » choisie par la junte militaire birmane, au lendemain de la journée de répression la plus sanglante depuis le coup d’Etat du 1er février.

Dans un communiqué, le Haut représentant de l’UE Josep Borrell a qualifié cette journée de samedi de « jour d’horreur et de honte », alors qu’au moins 107 personnes ont été tuées dans des manifestations dont sept enfants.

« Je réitère la condamnation par l’UE de la violence aveugle exercée contre le peuple du Myanmar et j’exhorte les dirigeants militaires à abandonner cette voie insensée. Cette tragédie doit cesser », écrit le responsable espagnol.

« Nous continuerons à utiliser les mécanismes de l’UE, y compris les sanctions, pour cibler les auteurs de ces violences et les personnes responsables du retour en arrière sur la voie de la démocratie et de la paix » dans ce pays asiatique, ajoute-t-il. « Les auteurs de ces graves violations des droits de l’homme doivent être tenus responsables de leurs actes éhontés ».

Les militants pour le rétablissement de la démocratie en Birmanie avaient appelé à de nouvelles manifestations samedi, jour où l’armée organise tous les ans un gigantesque défilé devant le chef de l’armée, désormais à la tête de la junte, le général Min Aung Hlaing.

Ces manifestations ont donné lieu à une répression meurtrière, ce qui a suscité un tollé international.

Les Nations Unies ont estimé le nombre de morts de samedi à 107 personnes – dont sept enfants – mais s’attendent à ce que ce bilan augmente encore. Les médias locaux font état de 114 morts, alors qu’une chaîne de télévision gérée par l’armée a évoqué un bilan de 45 morts et 552 arrestations.

Le 22 mars, à l’occasion d’une réunion des chefs de la diplomatie des 27 Etats membres, l’UE avait sanctionné onze responsables birmans –des gradés de l’armée et de la police–, impliqués dans la répression meurtrière menée depuis le coup d’Etat.

Les sanctions sont nominatives, ciblées et consistent en une interdiction de visa et un gel des avoirs dans l’UE.

Par ailleurs, la Birmanie est sous le coup d’un embargo sur les armes et les matériels pouvant être utilisés pour la répression et quatorze militaires et policiers avaient déjà été sanctionnés par l’UE en 2019 pour les persécutions contre la minorité musulmane des Rohingyas.

Subscribe to our newsletters

Subscribe