Birmanie : un 3e train de sanctions possibles pour l’UE, selon Paris

"Au sein de l'Asean (Association des nations d'Asie du Sud-Est), un certain nombre de pas ont pu être effectués, un dialogue a pu s'enclencher mais maintenant il faut une médiation réelle", a estimé le secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, à l'Assemblée nationale. [LUDOVIC MARIN]

L’Union européenne prendra un troisième train de sanctions contre le régime birman s’il ne s’engage pas dans la recherche d’une solution politique après le coup d’Etat militaire du 1er février, a déclaré mardi un responsable français.

« Au sein de l’Asean (Association des nations d’Asie du Sud-Est), un certain nombre de pas ont pu être effectués, un dialogue a pu s’enclencher mais maintenant il faut une médiation réelle », a estimé le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, à l’Assemblée nationale.

« Si le compte n’y est pas de ce point de vue là, si les discussions ne progressent pas, nous ne resterons pas inertes. A ce moment-là, nous mettrons à l’étude un troisième train de mesures de sanctions ».

L’UE a sanctionné en avril dix membres de la junte au pouvoir et deux sociétés qui lui assurent un financement pour condamner la répression violente des manifestations en faveur de la démocratie. Le 22 mars, les Européens avaient déjà sanctionné onze personnes, dont le général à la tête des putschistes, Min Aung Hlaing.

Birmanie : l'UE condamne une violence "inacceptable", "une voie insensée"

Dans un communiqué, le Haut représentant de l’UE Josep Borrell a qualifié cette journée de samedi de « jour d’horreur et de honte« , alors qu’au moins 107 personnes ont été tuées dans des manifestations dont sept enfants.

Les sanctions européennes consistent en une interdiction de se rendre ou de transiter par l’UE et un gel de leurs avoirs sur le territoire de l’Union. Elles interdisent également tout financement de l’UE aux sociétés visées.

« Il ne faut pas s’interdire de regarder également les préférences commerciales (entre l’UE et la Birmanie) parce qu’à un moment, trop c’est trop », a souligné Jean-Baptiste Lemoyne, évoquant la possibilité de « couper effectivement les vivres à ce régime ».

Les dix pays membres de l’Asean ont adopté le 24 avril un plan en cinq points en faveur d’une « cessation immédiate de la violence en Birmanie ». L’organisation régionale compte aussi nommer un émissaire spécial en vue de « faciliter la médiation » entre toutes les parties.

Mais quelques jours plus tard, la junte lui a infligé un camouflet, annonçant que ses « suggestions » ne seraient prises en compte que « lorsque la situation sera redevenue stable ».

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