La Bolivie réclame une exemption de visa dans Schengen

La Paz [Shutterstock]

La Bolivie veut obtenir une exemption de visa pour que ses citoyens puissent voyager dans l’espace Schengen, un avantage que Bruxelles offre déjà à d’autres pays d’Amérique latine. Un article d’Euroefe.

« La Bolivie poursuivra le dialogue jusqu’à parvenir à cet accord puisque nous sommes en train d’adopter des instruments internationaux requis » par les autorités européennes, a affirmé la vice-ministre bolivienne de la gestion institutionnelle et consulaire, Carmen Almendras.

« La Bolivie veut passer d’une approche consulaire à une approche qui englobe une plus grande défense des droits de l’Homme des citoyens boliviens vivant à l’étranger », a-t-elle expliqué.

Environ deux millions de Boliviens vivent actuellement en dehors de leur pays, surtout dans les pays voisins comme l’Argentine et le Brésil, mais aussi aux États-Unis et en Espagne.

Sans-papiers

Carmen Almendras, qui était ambassadrice de la Bolivie à Madrid de 2007 à 2015, reconnaît que la situation de ses compatriotes s’est améliorée en Espagne, où 90 % d’entre eux ont des papiers, alors qu’il y a dix ans, huit Boliviens sur dix se trouvaient en situation irrégulière.

La ministre bolivienne a rappelé qu’il y a dix ans, la Bolivie était « hautement vulnérable du fait des pourcentages élevés de sans-papier », une situation qui a changé aujourd’hui, ce qui permet aux émigrés d’être « plus exigeants vis-à-vis de leurs droits, non seulement civiques, mais aussi en matière de travail ».

Plusieurs accords bilatéraux ont été signés avec l’Espagne ces dix dernières années, a-t-elle commenté, comme l’accord pour voter aux élections municipales, celui de l’homologation des permis de conduire ou la Convention ibéro-américaine sur la sécurité sociale, qui permet de cumuler les cotisations payées dans différents pays.

Selon elle, d’autres accords bilatéraux sont en cours de préparation avec l’Argentine pour approfondir l’intégration et l’entente. Une délégation bolivienne œuvre également dans ce même sens avec les États-Unis.

Carmen Almendras s’est dite surprise de la hausse des demandes de visas de travail émanant de citoyens espagnols et d’autres Européens voulant se rendre en Bolivie. « C’est un indicateur du bon degré de relations bilatérales », a-t-elle insisté.

Actuellement, de nombreux partenaires latino-américains de la Bolivie, comme l’Argentine, le Brésil, le Chili, le Paraguay, le Pérou, l’Uruguay et le Venezuela, n’ont pas besoin de visas pour entrer dans l’espace Schengen, grâce à des accords bilatéraux entre Bruxelles et ces capitales.