Brésil et États-Unis défendent moins d’impôts et moins de régulation à Davos

Jair Bolsonaro [EPA-EFE/LAURENT GILLIERON]

À Davos, le président brésilien, Jair Bolsonaro, et le secrétaire d’État américain, Michael Pompeo, ont mis en avant les mêmes priorités : moins de réglementation et de moins de taxes.

Dans son discours, le président brésilien d’extrême droite, qui a pris ses fonctions le 1er janvier, a déclaré vouloir présenter au monde un nouveau Brésil : un membre sûr, ouvert, fiable et pleinement intégré dans la communauté internationale.

« Nous voulons un grand Brésil et nous ouvrons grand les bras au monde », a-t-il dit dans le but de remettre son pays dans les radars des investisseurs.

Il a rappelé une série de réformes que sa nouvelle administration voulait entreprendre : effectuer des privatisations, réduire la taille de l’État, baisser le niveau de fiscalité et créer de grandes opportunités pour les entreprises.

« Nous voulons gouverner en donnant l’exemple et nous voulons approfondir notre intégration dans l’économie mondiale. Nous représentons un tournant pour le peuple brésilien », a-t-il affirmé.

Ce « tournant » est pour lui une transformation politique « qui n’est pas du type bolivarien comme cela a été le cas au Brésil jusqu’à récemment ». « La gauche de prévaudra pas en Amérique du Sud », a-t-il ajouté. Jair Bolsonaro est ouvertement hostile envers les idées de gauche.

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Le Brésil est déjà la huitième plus grande économie au monde et abrite la sixième plus grande population, a-t-il rappelé. « Nous nous engageons à devenir un des 50 premiers pays dans lesquels faire des affaires d’ici à la fin de mon mandant. »

Alors qu’il nie ouvertement le changement climatique, Jair Bolsonaro a déclaré à Davos qu’il voulait décarboner l’économie du pays. « Nous voulons que la croissance économique et l’environnement aillent de pair », a-t-il déclaré.

« Le Brésil est le pays qui préserve le plus l’environnement », a-t-il assuré, sans rentrer dans les détails.

Pourtant, entre août 2017 et août 2018, le Brésil a déboisé 7 900 km2 de forêt amazonienne, soit l’équivalent d’un million de terrains de foot, ou plus de cinq fois la ville de Sao Paulo, selon des données d’un organisme gouvernemental.

Commentant le discours du président brésilien, Nariman Behravesh, économiste en chef de IHS Markit, s’est dit surpris de la brièveté de sa prise de parole qu’il a toutefois trouvé encourageante.

« Le discours n’a duré que sept minutes. Mais durant ce laps de temps, il a bien affirmé qu’il allait poursuivre son programme pro-entreprises en allégeant le fardeau fiscal, en réduisant les règlementations et en s’attaquant à la corruption. Comme tant de dirigeants par le passé, il a lancé un appel aux chefs d’entreprise du monde entier pour investir au Brésil. Le discours était décevant, car il manquait de détails sur ses prochaines actions, mais les objectifs globaux étaient très encourageants. »

« Jair Bolsonaro a été interrogé sur ses précédents propos hostiles envers les politiques environnementales. Ce à quoi il a répondu que l’objectif de protection de l’environnement devait être équilibré avec l’objectif de développement économique », a ajouté Nariman Behravesh.

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Faible fiscalité et simplification des règlementations

En vidéo-conférence à cause du shutdown américain, le secrétaire d’État américain, Michael Pompeo a déclaré que l’administration Trump comptait baisser les impôts et simplifier les règlementations.

« La population fait un rejet de la paperasse, un rejet de la fiscalité trop élevée, et un rejet des faibles espoirs. 2 % de croissance était la nouvelle donne, et désormais nous avons une croissance de 3 % », a-t-il déclaré après Jair Bolsonaro.

« Les salaires sont repartis à la hausse, il y a plus de création d’emplois et le chômage chez les femmes est en train de baisser », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne la scène politique internationale, il estime que de nouveaux vents soufflent sur la planète.

« Autour du monde, les gens posent des questions qui n’ont pas été entendues ou prises au sérieux. » Pour lui, reste à savoir si ces vents nouveaux annoncent un temps clément ou un orage.

Michael Pompeo a qualifié de positifs des événements comme le Brexit, l’essor du Mouvement 5 étoiles en Italie, l’élection de Jair Bolsonaro ou celle d’Emmanuel Macron. « Nous vivons une période très intéressante », a-t-il estimé.

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