Bruxelles offre 200 millions d’euros à la Libye pour freiner l’immigration

La Commission européenne a mis sur la table de nouvelles mesures pour freiner l’arrivée de migrants via la mer méditerranée, dont 200 millions d’euros pour la Libye. Un article de notre partenaire Euroefe.

Les nouvelles mesures de lutte contre l’immigration seront débattues par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à Malte le 3 février. Les 200 millions d’euros supplémentaires seront destinés à poursuivre l’entrainement européen des garde-côtes libyens, à leur fournir des moyens de surveillance et à financer les retours volontaires de migrants dans leur pays d’origine.

Le collège des commissaires a ainsi adopté une communication qui prévoit d’étendre les activités de formation des garde-côtes libyens pour renforcer la lutte contre le trafic d’êtres humains en Méditerranée.

Route méditerranéenne 

La Méditerranée s’est en effet transformée en route principale des migrants souhaitant atteindre l’UE. En 2016, 180 000 personnes sont arrivées sur le territoire européen, pour la plupart via l’Italie.

Près de 90 % de ces migrants sont partis de Libye, où l’instabilité politique et économique profite aux mafias et aux trafiquants.

La haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, a reconnu le 25 janvier lors d’une conférence de presse la complexité du phénomène migratoire. Selon elle, « il n’y a pas de solution magique » pour le gérer, mais des actions peuvent être effectuées pour sauver des vies en mer et combattre les mafias.

À long terme, la chef de la diplomatie européenne a déclaré que l’unique solution passait par « la paix et la stabilité en Libye ». Voilà pourquoi l’UE encourage les efforts pour contribuer à cet objectif.

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Dans le cadre de ce programme de formation, la Commission a notamment proposé un don immédiat d’un million d’euros supplémentaires au système de communication « Seahorse » qui permet de détecter l’immigration illégale, ainsi qu’une subvention de 2,2 millions d’euros dans le cadre du programme régional de développement et de protection pour le nord de l’Afrique. L’exécutif a aussi considéré la création d’un centre de coordination de sauvetage maritime.

Federica Mogherini a expliqué que pour garantir que les financements de l’UE atterrissent entre de bonnes mains, l’UE travaillait avec le gouvernement libyen et avec les autorités municipales. Elle a assuré que l’exécutif procédait à un examen minutieux des projets financés, pour contrôler qui recevait l’argent.

Seahorse

Une autre des mesures proposées par Bruxelles est d’assurer que le réseau de communication Seahorse pour la Méditerranée soit opérationnel au printemps prochain intègre la Tunisie, l’Algérie et l’Égypte.

Bruxelles veut aussi coopérer avec les autorités libyennes pour garantir une amélioration des conditions des centres pour migrants. Pour cela, elle propose d’accroître la coopération avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

La Commission soutient donc le déploiement d’une série de missions et de projets pour soutenir les autorités libyennes dans la gestion des frontières et la protection des migrants dans le sud du pays ainsi que pour promouvoir la coopération aux frontières, et un dialogue et un échange d’information entre la Libye et les pays du sud.

Le commissaire européen à l’Immigration, Dimitris Avramópulos, a quant à lui déclaré que les actions proposées « pouvaient diminuer de manière considérable les flux de migrants en Méditerranée centrale ». Il a également expliqué que cela venait compléter l’accord passé avec la Turquie l’année dernière et ceux passés avec les pays subsahariens pour faciliter les retours.

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Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a pour sa part signalé que l’UE devait « agir davantage » et que les mesures à court et à moyen terme présentées le 26 janvier pouvaient permettre de sauver des vies et de détruire l’entreprise des trafiquants.

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