Une base militaire chinoise dans l’Atlantique susciterait « de grandes préoccupations », selon Lisbonne

Interrogé sur la présence militaire chinoise éventuelle dans l’océan Atlantique, M. Gomes Cravinho a répondu qu’elle serait inutile, avançant en outre qu’il n’avait reçu aucune indication relative à la concrétisation de cette idée. [Shutterstock/Massimo Todaro]

Une base militaire chinoise dans l’océan Atlantique serait inutile et une telle hypothèse susciterait de grandes préoccupations, a déclaré le ministre portugais de la Défense João Gomes Cravinho, lors d’un séminaire organisé par le Conseil de l’UE en coopération avec le Fonds allemand Marshall des États-Unis, ajoutant qu’il n’était « pas une bonne idée » de transformer la région en un scénario de « conflit géopolitique ».

Interrogé sur la présence militaire chinoise éventuelle dans l’océan Atlantique, M. Gomes Cravinho a répondu qu’elle serait inutile, avançant en outre qu’il n’avait reçu aucune indication relative à la concrétisation de cette idée.

« Les défis de l’océan Atlantique ne requièrent pas qu’un pays non atlantique y établisse une base [militaire] », a-t-il poursuivi.

« En toute honnêteté, la création [d’une base militaire chinoise dans l’océan Atlantique] susciterait de grandes préoccupations. Nous ne pensons pas qu’elle est nécessaire. Si elle venait à se concrétiser, nous travaillerions très étroitement avec nos partenaires, dans le respect de leurs souveraineté et décisions souveraines, pour expliquer que la transformation de l’Atlantique en un scénario de conflit géopolitique n’est pas une bonne idée. »

Juncker : l'UE doit être "moins naïve" avec la Chine

L’ancien président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker estime que l’Union européenne doit être « moins naïve » avec la Chine, affirmant que « les Européens doivent mieux organiser leurs relations » avec les autres puissances étrangères.

D’après le représentant portugais, il est essentiel de « démystifier l’idée » selon laquelle l’objectif d’autonomie stratégique européenne consiste à « dissocier les États-Unis de l’Europe ».

A contrario, pour beaucoup au sein du bloc, « l’autonomie stratégique [est] la reconnaissance du fait que l’UE a besoin d’être capable d’agir seule lorsqu’elle est seule ; d’agir seule lorsqu’elle n’a pas la possibilité de coopérer avec l’OTAN, les États-Unis et d’autres partenaires ».

« Toute tentative éventuelle d’utiliser le concept d’autonomie stratégique pour se dissocier de l’OTAN serait autodestructrice » et « ne recevrait pas le soutien des États membres », a-t-il conclu.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer