Christine Lagarde mise en examen dans l’affaire Tapie

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La directrice générale du FMI a exclu de démissionner de son poste. La justice française l’entendait mardi 25 août pour la quatrième fois

Christine Lagarde a été mise en examen mardi soir pour négligence d’une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’enquête sur l’arbitrage dont a bénéficié Bernard Tapie en 2008 mais elle a exclu de démissionner de son poste au FMI.

La directrice générale du Fonds monétaire international, qui était jusque-là témoin assisté dans ce dossier, a annoncé mercredi qu’elle avait chargé son avocat de déposer un recours.

« J’ai demandé à mon avocat d’exercer tous les recours contre cette décision que je considère comme totalement infondée », a-t-elle déclaré sur BFM TV, ajoutant qu’elle s’apprêtait à rejoindre Washington dans l’après-midi de mercredi. Dans un communiqué, elle a souligné qu’après 3 ans d’enquête et des dizaines d’heures d’interrogatoire, la seule chose que l’on me reproche est un manque de vigilance » a assuré l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy.

Pour son avocat, Yves Repiquet, « il s’agit d’un délit non intentionnel, c’est très mineur comme chef d’infraction, mais nous le contestons ».

Enquête pour faux et détournement de fonds publics

L’enquête la visant devant la Cour de justice de la République, seule habilitée à juger les délits commis par des membres de gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions, était initialement ouverte pour complicité de faux et de détournement de fonds publics.

L’homme d’affaires Bernard Tapie avait été gratifié par une cour arbitrale d’une indemnisation de 403 millions d’euros après la perte de ses actifs dans la banque Crédit Lyonnais. Un montant payé par l’État français, que la justice juge aujourd’hui démesuré. L’indépendance de la cour arbitrale est remise en question comme celle des juges qui y ont officié. Or le choix d’avoir recours à une cour arbitrale relève de Christine Lagarde, ministre des Finances au moment des faits.

Le FMI devrait prendre position

Le conseil d’administration du FMI devrait décider s’il renouvelle ou non sa confiance à sa directrice générale. « Les fonctions du directeur général cessent lorsque le conseil d’administration en décide ainsi », selon les statuts de l’organisation.

En mai 2013, lorsque Christine Lagarde avait été placée sous le statut de témoin assisté, il avait réaffirmé qu’il lui maintenait sa confiance.

Selon son avocat, la question ne se pose pas aujourd’hui, selon Yves Repiquet, qui souhaite faire un recours. Qui sera suspensif et repoussera d’autant la clôture de cette enquête, ouverte depuis l’été 2011. Si elle était poursuivie pour négligence, Christine Lagarde encourrait une peine d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende, selon le code de procédure pénale.

Christine Lagarde a été entendue toute la journée de mardi devant la CJR. C’est la quatrième fois qu’elle est auditionnée.

Elle avait été placée sous le statut de témoin assisté en mai 2013, de nouveau entendue en janvier dernier et confrontée en mars à son ancien directeur de cabinet, l’actuel PDG d’Orange Stéphane Richard avant d’être de nouveau convoquée.

Le «choix» de maintenir à la tête du FMI Christine Lagarde, mise en examen pour négligence dans le dossier Tapie-Crédit Lyonnais, «incombe» à cette institution, a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

«Le gouvernement n’a pas de commentaire à faire sur des choix qui incombent au FMI et aucun commentaire à faire sur des décisions de justice», a-t-il déclaré devant la presse lors de son compte-rendu du Conseil des ministres.

«Christine Lagarde s’est exprimée, une procédure judiciaire est en cours» et «il n’y a aucun commentaire à faire», a-t-il insisté, enchaînant: «les choix sont de la responsabilité du FMI».

Christine Lagarde avait été nommée au FMI en 2011, en remplacement de Dominique Strauss-Kahn, qui était poursuivi par la justice américaine pour viol. Une série de poursuites qui risque de saper les chances de la France de conserver ce poste à la tête de l’institution financière. Christine Lagarde doit en théorie l’occuper jusqu’au 5 juillet 2016.

Le nom de Christine Lagarde avait été cité comme un des candidats potentiels pour les hauts postes européens, ce que la directrice générale avait démenti en indiquant qu’elle n’était pas candidate. Tant que la France est dirigée par la gauche, il y a peu de chance qu’un membre de l’UMP la représente à Bruxelles.

5 juillet 2016 : fin du mandat de Christine Lagarde à la tête du FMI

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