L’UE pourrait s’éloigner du Kazakhstan en raison d’une résolution « maladroite »

En février, le Parlement européen (PE) a approuvé une résolution (à 598 votes pour, 43 contre et 52 abstentions) très critique sur la situation des droits de l’homme au Kazakhstan et le déroulement des élections législatives de janvier 2021. [European Parliament Multimedia Centre]

La résolution proposée par le Parlement européen le 11 février 2021 au sujet de la situation humanitaire au Kazakhstan est « maladroite ». De plus, elle est néfaste pour les relations bilatérales et la crédibilité de l’UE, a souligné le député européen bulgare Ivo Hristov (S&D) dans un entretien avec Euractiv mercredi (3 mars).

En février, le Parlement européen (PE) a approuvé une résolution (598 pour, 43 contre et 52 abstentions) très critique sur la situation des droits de l’homme au Kazakhstan et le déroulement des élections législatives de janvier 2021.

Il semblerait que Mukhtar Abliazov, homme d’affaires kazakh en exil en France depuis 2013, ait utilisé sa richesse pour influencer les eurodéputés à exprimer des critiques acerbes au sujet des autorités de son pays natal. M. Abliazov est le leader du parti « Choix démocratique du Kazakhstan » (DVK), fermement opposé au gouvernement kazakh, tant et si bien qu’il a été jugé extrémiste par les autorités avant d’être interdit en 2018.

Les relations entre l’UE et le Kazakhstan se sont développées avec fruits au fil du temps. Le pays cherche d’ailleurs à bénéficier d’une « ancre européenne» pour faire le poids face aux voisins puissants que sont la Chine et la Russie. Dans son programme de coopération avec l’UE, Noursoultan entend également renforcer ses liens économiques avec les États membres, qui représentent ses plus gros investisseurs.

Ivo Hristov, membre de la Délégation du aux commissions parlementaires de coopération UE-Kazakhstan, UE-Kirghizstan, UE-Ouzbékistan et UE-Tadjikistan, a déploré la maladresse de la résolution.

« La résolution sur le Kazakhstan est une tentative maladroite visant à forcer les choses dans un pays qui suit son propre rythme de modernisation », a-t-il souligné.

« Le Parlement consacre beaucoup de son temps à prendre des résolutions au sujet de la situation démocratique dans les pays tiers. Cet excès de zèle inutile sape son autorité, compte tenu du fait que l’UE a tendance à pardonner les écarts démocratiques en son sein. »

En guise d’exemples pour illustrer ses propos, M. Hristov cite la Hongrie et la Pologne, ajoutant toutefois que ces nations n’étaient pas les seules concernées.

Comment l’UE peut-elle protéger sa crédibilité  ?

« Nous devrions laisser derrière nous cette illusion selon laquelle nous constituons un modèle universel. Nous devrions soutenir nos valeurs démocratiques grâce à des instruments économiques, sans tomber dans le pathos. »

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