L’UE s’inquiète de la réintégration des enfants soldats en Colombie

Alors que la paix en Colombie est désormais à portée de main, une question a suscité le débat entre le gouvernement et les FARC : que faire des enfants soldats ? Pour l’envoyé spécial de l’UE, Eamon Gilmore, leur réintégration est « la priorité ». Un article de notre partenaire Euroefe.

« Notre priorité [dans le cadre de la démobilisation des FARC] est la réintégration des enfants impliqués dans le conflit armé », a déclaré l’Irlandais Eamon Gilmore durant sa visite du village de Santa Helena, dans le centre de la Colombie, où une mission pilote de déminage a été menée avec l’appui de l’UE.

Pour apporter sa contribution, l’Union travaillera avec l’UNICEF dans ce domaine « afin de mettre sur pied des programmes qui aident les enfants à se réintégrer dans la société, dans leur famille et dans le système éducatif », a-t-il expliqué.

Selon l’envoyé spécial de l’UE, organiser le plus tôt possible le retour de ces mineurs au sein de leur famille est indispensable pour éviter que la violence ne reprenne une fois le conflit terminé. Un avertissement déjà donné par le Haut-Commissaire pour la paix, Sergio Jaramillo.

« Nous avons peur que les violences se répètent dans la prochaine génération, mais nous nous inquiétons surtout pour les enfants victimes du conflit, qui ont des besoins réels. Ces besoins doivent être satisfaits et de manière urgente. Nous ne parlons pas ici de la construction d’un pont ou d’une route », a déclaré Eamon Gilmore.

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Selon lui, chaque jour que les enfants ont perdu de leur enfance, à être mobilisé par les FARC, « est perdu à tout jamais ». « Chaque opportunité d’éducation a été perdue, c’est pour ça que nous devons soutenir la réintégration de ces enfants », a-t-il souligné.

Le gouvernement colombien et les FARC ont lancé le 26 janvier le processus de désengagement des mineurs des campements de guérilleros. Il sera mené à bien par le Conseil présidentiel pour les droits de l’Homme et guidé par le Conseil national de réintégration (CNR).

Le protocole de démobilisation des mineurs sera actif lorsque la totalité des FARC sera rassemblée dans les 26 zones transitoires de normalisation, avant de rendre les armes et de se démobiliser.

La protection des mineurs impliqués dans le conflit et leur retour à la vie civile a été approuvée le 15 mai dernier et a servi de premier terrain d’entente, de premier générateur de confiance entre les parties participant au dialogue de paix.

Le gouvernement et les FARC se sont toutefois attaqués à coup d’accusations de non-respect de ces décisions et ce n’est seulement maintenant que la majorité des guérilleros se trouvent dans les zones de normalisation et qu’une solution voit le jour.

Eamon Gilmore a également déclaré que la coopération internationale était très importante pour le processus de paix, non seulement en termes de ressources financières, mais aussi de soutien politique et moral.

Ce soutien est tout particulièrement nécessaire lorsque le processus de paix traverse une crise quelconque. La communauté internationale « doit alors montrer son soutien et montrer aux Colombiens qu’ils ont des amis qui souhaitent que ce processus soit couronné de succès ».

« En ce qui concerne l’UE, notre engagement est à long terme », a ajouté l’ancien ministre irlandais des Affaires étrangères, tout en expliquant qu’il rencontrait régulièrement les opposants aux processus de paix, mais qu’il n’allait pas jusqu’à se mêler de la politique colombienne.

Interrogé sur les déclarations du nouveau secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, qui a affirmé le mois dernier que la Maison-Blanche allait examiner le processus de paix pour décider de son soutien ou non, Eamon Gilmore a répondu qu’il n’y avait rien d’inhabituel là-dedans, à en croire sa propre expérience entre 2011 et 2014 en tant que ministre des Affaires étrangères.

« Les États-Unis ne nous ont pas communiqué de changement de position en ce qui concerne le processus de paix. L’UE maintiendra son soutien au processus de paix et j’espère que cela continuera à se faire avec la collaboration américaine », a-t-il conclu.

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