Bruxelles menace de punir les États refusant les réfugiés

Frans Timmermans menace de sanctions les États réfractaires à l'accueil des migrants.

La Commission européenne, déterminée à voir les États membres de l’Union honorer leurs engagements en matière d’accueil de réfugiés, pourrait envisager des mesures de sanctions contre les pays récalcitrants le mois prochain « si nécessaire ».

« Nous pourrions le faire, nous avons la possibilité d’ouvrir des procédures d’infraction, mais je me demande si ça aidera les réfugiés à court terme », a expliqué Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission, lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Il préfèrerait donc une approche « pragmatique et politique ».

« Notre prochain rapport [sur l’avancement des programmes de relocalisation des réfugiés] sortira en mars, et ce sera le bon moment pour envisager d’autres options si c’est nécessaire », a-t-il précisé.

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Le 8 février, la Commission a une nouvelle fois souligné le manque effectif de solidarité entre États membres pour « relocaliser » les réfugiés arrivés en Grèce et en Italie.

Un nouveau bilan a montré qu’en décembre, 1 926 personnes ont été relocalisées dans l’Union européenne (764 depuis l’Italie et 1 162 de Grèce), puis 1 682 en janvier (551 d’Italie et 1 131 de Grèce), encore loin de l’effort demandé par la Commission de pouvoir relocaliser chaque mois 1 000 réfugiés dans l’attente en Italie et 2 000 de Grèce. Au total 11 966 personnes ont été prises en charge par ce biais.

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« Si les États membres s’inquiètent de la situation sur le terrain, ils doivent faire plus » pour y remédier, a martelé Franns Timmermans, en recommandant aux pays jugés bons élèves de « faire pression » sur les autres.

En Grèce, dans le camp surpeuplé et insalubre de Moria sur l’île de Lesbos, trois occupants sont décédés en moins d’une semaine fin janvier. La situation a empiré en raison de la vague de froid qui a frappé le pays pendant des semaines.

L’Italie doit également faire face à une pression croissante avec des arrivées toujours plus nombreuses par la route de la Méditerranée centrale.

La Commission a le pouvoir de poursuivre en justice un État membre qui manque à ses obligations liées au droit de l’Union. En réponse à la crise migratoire, les États membres se sont engagés en 2015 à accueillir un certain nombre de réfugiés soit en provenance de Grèce et d’Italie, soit directement depuis la Turquie, la Jordanie et le Liban.

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