Les séparatistes pro-russes ne marquent pas de points en Géorgie face à la crise

Deux militaires géorgiens contrôlent les entrées dans la capitale, Tbilissi. [EPA-EFE/ZURAB KURTSIKIDZE]

Les séparatistes pro-russes installés en territoire géorgien profitent de la pandémie pour pousser à la « frontiérisation » illégale de la Géorgie. Sur place, les citoyens suivent de près la gestion de la crise .

La Géorgie, ancien pays de l’Union soviétique à la culture ancestrale, rêve de faire partie de l’OTAN et de l’UE. Mais en août 2008, à l’issue d’une guerre de cinq jours, la Russie s’est emparée de 20 % de son territoire. Désormais, les régions de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud sont de facto contrôlées par les Russes.

Mi-avril, les autorités géorgiennes ont annoncé que les forces russes poursuivaient la « frontiérisation illégale » du pays, en installant des panneaux frontaliers à proximité du village de Takhtisdziri, situé entre l’Ossétie du Sud et la Géorgie proprement dite, selon le média Civil.ge.

La communauté internationale a rapidement condamné la manœuvre, que l’ambassadeur de l’UE en Géorgie, Carl Hartzell, a qualifiée de « complètement inacceptable ».

« Pour la Russie, le coronavirus sert d’écran de fumée pour “frontiériser“ davantage [la Géorgie] », dénonce Linas Linkevicius, le ministre lituanien des Affaires étrangères.

Dennis Sammut, le directeur de la fondation LINKS Europe basée à La Haye, qui promeut la résolution pacifique des conflits aux frontières de l’Europe, précise que les habitants des territoires géorgiens occupés suivaient attentivement les nouvelles de la capitale, Tbilissi.

Les Abkhazes et les Ossètes « suivent l’actualité, les retransmissions télévisuelles et les réseaux sociaux. Par conséquent, la façon dont le gouvernement géorgien et les citoyens agissent pendant la pandémie joue aussi un rôle important dans la résolution des conflits », a indiqué le directeur à Euractiv.

De l’étranger, le pays du Caucase semble plutôt bien gérer la crise sanitaire. La Géorgie a rapidement mis en place de vastes mesures, qui incluent le confinement des grandes villes, des restrictions de voyage et l’établissement de zones de quarantaine obligatoire aux frontières pour les citoyens de retour sur le territoire.

Bien que la Géorgie ait recensé son premier cas de coronavirus le 26 février, elle ne comptait que 402 cas positifs et quatre décès en date du 20 avril.

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« L’apaisement des conflits à long terme dépend de la volonté des Abkhazes et des Ossètes de vivre confortablement sur un territoire commun avec les Géorgiens », affirme Dennis Sammut. Et d’ajouter que « la pandémie pourrait faire évoluer la situation et rendre cette perspective plus réaliste ».

« Pour ce faire, les Géorgiens doivent eux aussi fournir un effort ».

Ketevan Tsikhelashvili, le ministre de la Réconciliation géorgienne, a déclaré le mois dernier que « sous l’occupation et sans  contrôle direct, il [était] difficile d’instaurer des mesures efficaces », mais que Tbilissi se disait « prête à aider [les] citoyens ».

Le 17 avril, trois cas de COVID-19 ont été enregistrés dans l’Abkhazie, qui compte assouplir les mesures de confinement dès le 21 avril dans certaines régions, selon l’agence de presse russe RIA.

Une habitante de la région, contaminée, a été soignée dans la partie contrôlée par Tbilissi fin mars, rapporte le média géorgien Agenda.ge.

L’Ossétie du Sud, qui pour l’instant n’a recensé aucun cas, a complètement fermé ses frontières avec la Géorgie dès que le virus est apparu.

D’après Dennis Sammut, « il est incroyable [de voir] qu’au beau milieu de cette urgence mondiale, la Russie et ses alliés en Ossétie du Sud ont poursuivi leur occupation, qui soulève inévitablement les passions du côté géorgien et préoccupe la communauté internationale ».

« Si les autorités géorgiennes sont capables de continuer » à gérer la pandémie de façon exemplaire, en limitant le nombre de cas et de décès, « elles amélioreront considérablement leur image et leur position dans la région », a-t-il ajouté.

« Les citoyens d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud surveillent très attentivement ce qui se passe à Tbilissi et dans le reste de la Géorgie ».

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