Crise en Géorgie : amorce de négociations, sous l’égide de Charles Michel

"Ce soir je suis fier car un bon pas, un important pas dans la bonne direction a été fait", a déclaré M. Michel à la presse après les premiers entretiens. [European Council Press/European Union]

Des négociations entre les autorités géorgiennes et l’opposition ont été engagées lundi grâce à l’intervention du président du Conseil européen, Charles Michel, en visite à Tbilissi.

Il avait auparavant appelé le gouvernement et l’opposition à entamer des pourparlers pour « désamorcer la situation » dans ce pays du Caucase en proie à une profonde crise politique.

Une réunion s’est tenue dans la capitale géorgienne, à laquelle ont participé le gouvernement et les partis d’opposition.

« Ce soir je suis fier car un bon pas, un important pas dans la bonne direction a été fait », a déclaré M. Michel à la presse après les premiers entretiens.

« Cela ne signifie pas que tout a été réglé », mais le gouvernement et l’opposition ont fait preuve de « volonté politique pour aboutir ensemble à une solution », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre géorgien démissionne à la suite de la mise en détention du leader de l'opposition

La Géorgie s’enlise un peu plus dans la crise politique tandis que son Premier ministre Georgi Gakharia a démissionné jeudi (18 février) sur fond de désaccord concernant l’arrestation du leader de l’opposition.

Il a précisé que les négociations allaient se poursuivre et que les progrès seront évalués dans deux semaines, lors d’une réunion du conseil d’association entre l’UE et la Géorgie.

Le premier ministre géorgien Irakli Garibashvili a confirmé qu’un accord avait été trouvé sur le fait que « ce dialogue allait se poursuivre ».

Le chef du parti d’opposition Lelo, Badri Japaridze, a dit à l’AFP : « il va falloir travailler intensément et parvenir à des progrès significatifs au cours des deux prochaines semaines ».

« Je suis confiant dans le fait que le rôle personnel du président Michel et l’engagement de l’UE à haut niveau nous aidera à trouver une issue à cette impasse politique », a-t-il ajouté.

La Géorgie est en crise depuis les élections législatives d’octobre, remportées de justesse par le parti au pouvoir mais au sujet desquelles l’opposition a dénoncé des fraudes.

Mardi dernier, l’arrestation musclée d’une figure de l’opposition, Nika Melia, a entraîné une nouvelle série de manifestations contre le gouvernement.

L’interpellation de M. Melia, accusé d’avoir organisé des « violences de masse » lors de manifestations en 2019, a été dénoncée par les alliés occidentaux de la Géorgie.

« Toute politisation de la justice est inacceptable et nous savons tous que certains cas concrets doivent être regardés », a déclaré Charles Michel, dans une référence claire à l’arrestation de M. Melia.

Charles Michel, dont la visite en Géorgie était prévue avant l’aggravation de la crise politique de la semaine dernière, a déjà souligné lundi que Bruxelles était « préoccupé » par la « crise qui s’aggrave en Géorgie ».

Il a également appelé à « un dialogue entre les partis politiques, avec l’opposition et le gouvernement » et souligné qu' »un système judiciaire performant et indépendant est essentiel pour approfondir le partenariat entre la Géorgie et l’Union européenne ».

La Géorgie, ex-république soviétique, s’est affranchie de la tutelle de Moscou et rapprochée de l’Union européenne et de l’Otan, qu’elle souhaiterait rejoindre à terme même si le chemin à parcourir est encore long.

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