Des dossiers brûlants attendent la réunion du Dialogue Europe Asie à Milan

Rencontre ASEM à Bruxelles en 2010 [????????? ??????????/Flickr]

La rencontre de l’ASEM (Asia European Meeting) jeudi 16 et vendredi 17 octobre rassemble 29 dirigeants européens et 22 dirigeants asiatiques. Au menu, sécurité , économie, mais aussi éducation et culture. Ainsi que quelques sujets brûlants.

Instance de concertation sans pouvoir décisionnel, l’ASEM représente une occasion unique pour les dirigeants de pays dont les relations sont parfois trop délicates pour organiser des rencontres bilatérales.

La réunion se déroule en Italie mais les travaux doivent être présidés par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui représentera l’Union européenne aux côtés de Manuel Barroso. De quoi contredire, peut-être, Romano Prodi, l’ancien président de la Commission européenne, qui estimait que l’Europe n’avait pas de stratégie commune en ce qui concerne les relations avec l’Asie, entravées par trop de particularismes.

>> Lire : L’Europe se dirige vers un nouveau rôle sur la scène mondiale

Des dossiers brûlants attendent d’ailleurs les dirigeants de l’ASEM. Tout en haut de cette liste figure par exemple la crise ukrainienne. Le président russe, Vladimir Poutine, ne rencontrera pas directement son homologue ukrainien, Petro Poroshenko, mais les deux chefs d’État rencontreront tour à tour Matteo Renzi et Giorgio Napolitano.

Les sujets abordés dans les corridors et salons privés à Milan seront nombreux, de l’affaire des marins italiens à l’embargo russe, des tensions entre la Chine et le Japon à la politique d’expansion de Shinzo Abe.

Si l’Inde s’est quasiment défilée de la rencontre – le premier ministre Narenda Modi n’y assistera pas et s’est fait remplacer par Vijay Kumar Singh, ministre des Affaires étrangères – la Chine sera, bon gré, mal gré, au centre de presque tous les dossiers importants qui seront abordés. La rencontre permettra par exemple aux dirigeants de discuter des manifestations à Hong Kong, par lesquelles les citoyens (et certains États européens) ont demandé à Pékin de laisser s’organiser des élections libres.

Enjeux commerciaux

Les dirigeants chinois ont par ailleurs commencé leur tournée européenne bien avant cette rencontre de l’ASEM. Ces derniers jours, le premier ministre, Li Keqiang, était en visite en Allemagne, où il a signé avec Angela Merkel des accords commerciaux d’une valeur de deux milliards d’euros.

Li Keqiang est ensuite arrivé en Italie pour rencontrer le premier ministre, Matteo Renzi, avec qui il a signé des accords similaires à hauteur de huit milliards d’euros. L’Italie est le troisième pays européen en termes d’investissements chinois, mais c’est Berlin qui compte vraiment pour Pékin. En effet, 34 % des exportations européennes vers les pays de l’ASEM partent de l’Allemagne, qui importe par ailleurs un cinquième de leurs biens à l’exportation.

Selon Eurostat, les pays de l’ASEM fournissent 44 % des importations vers l’Europe et reçoivent en retour 30 % des exportations européennes. En 2013, la Chine et la Russie étaient les destinataires principaux des exportations européennes, totalisant à elles deux 51 % de ces produits. Et ce sont ces même deux États qui fournissent 66 % des biens importés en Europe à partir des pays de l’ASEM.

Le commerce sera donc au centre des discussions de cette réunion. Avant de rencontrer son homologue chinois, Matteo Renzi a souligné, comme lors de la présidence italienne, l’importance fondamentale de l’accord commercial avec les États-Unis. Cet accord, le TTIP, est largement controversé et son manque de transparence a valu de vives critiques à la Commission européenne. Son objectif annoncé est de renforcer et d’intégrer les économies européenne et étasunienne. Il est cependant avant tout destiné à remettre l’Occident au premier plan des définitions des standards commerciaux mondiaux. 

Le Dialogue Asie-Europe, ou ASEM, est un partenariat informel fondé en 1996 lors du sommet de Bangkok. Il compte aujourd’hui  51 membres : 29 États européens, dont 27 font partie de l’UE, 20 États asiatiques, ainsi que la Commission européenne et le Secrétariat de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Cette instance de consultation et de coopérations n'a pas de pouvoir décisionnel.

Les réunions générales, dont la dernière a eu lieu en 2012 au Laos, permettent aux chefs d’État de discuter en groupe ou de manière bilatérales de sujets variés, tant politiques qu’économiques ou culturels. En plus des rencontres entre chefs d’État, l’ASEM organise des réunions rassemblant les ministres des pays membres pour des sessions plus spécialisées, ainsi que des séminaires et ateliers sur des thématiques précises, comme la sécurité alimentaire ou le nucléaire.

 

16 et 17 octobre 2014 : sommet ASEM à Milan

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer