Des militants biélorusses organisent un rassemblement en Lituanie et bloquent le trafic vers le Bélarus

Le poste frontière de Medininkai. [Krezodent/Shutterstock]

Des militants biélorusses en Lituanie ont organisé un rassemblement mardi (8 juin), visant à bloquer le trafic en direction et en provenance du Bélarus via le poste frontière de Medininkai, dans le but de faire pression sur le régime bélarusse pour qu’il ouvre ses frontières et de demander des sanctions plus strictes de la part de l’UE.

« Vous dites que nous sommes des invités, mais je pense que le gouvernement lituanien nous voit (plus) que cela », a déclaré le militant bélarusse Vitali Aleinik lors des négociations entre les manifestants et la police.

Contrairement aux tentes installées pendant le week-end, la manifestation n’a pas été autorisée par les autorités lituaniennes.

« Je ne peux pas vous laisser faire quelque chose qui est contraire aux lois de la République lituanienne », a déclaré Dainius Daukantas, de la police de Vilnius, à plusieurs dizaines de manifestants. « Cela doit être fait légalement, pas spontanément », a-t-il ajouté.

Selon l’un des manifestants, Yauhen Zaichkin, la police et le service des gardes-frontières lituaniens (VSAT) qui étaient sur place ont menacé ceux qui tentaient de bloquer la route de les mettre en détention et de leur infliger une amende.

La double action de protestation au point de contrôle de Babrouniki-Berastavitsa, à la frontière entre la Pologne et le Bélarus, et au point de passage de Medininkai avec la Lituanie, a été appelée par Pavel Latushko, l’un des dirigeants de l’opposition bélarusse actuellement en Pologne.

« Nous ne pouvons pas attendre que le régime de Loukachenko commette un autre crime — il est temps de passer à l’action », a déclaré la semaine dernière M. Latushko, un ancien diplomate bélarusse. Il a ajouté que si l’UE n’impose pas de sanctions strictes contre le régime, ils commenceraient à bloquer la route menant au poste frontière.

À Medininkai, plusieurs dizaines de militants ont installé des tentes à quelques mètres du poste frontière le 5 juin, passant la nuit sur place et brandissant des drapeaux et des affiches contre le régime d’Alexandre Loukachenko.
Bien que certaines ONG bélarusses de premier plan aient participé à l’organisation de la manifestation, les personnes présentes à la frontière ont déclaré qu’elles l’avaient principalement organisée elles-mêmes à l’aide de la populaire application de messagerie Telegram, qui a contribué à orienter les protestations contre M. Loukachenko après les élections truquées d’août dernier.

Au début du mois de mai, le régime bélarusse a détourné un vol Ryanair à destination de Vilnius pour arrêter un journaliste dissident, Roman Protasevich, rédacteur en chef de Nexta, l’une des chaînes Telegram les plus connues de l’opposition.

En réaction, l’Union européenne a interdit à la compagnie aérienne publique bélarusse Belavia l’accès à l’espace aérien de l’Union. Le régime bélarusse, quant à lui, a supprimé la possibilité pour les Bélarussiens de quitter le pays par les postes-frontière terrestres. Désormais, seuls les détenteurs d’un permis de séjour permanent à l’étranger sont autorisés à quitter le Bélarus.
Les militants prévoient de continuer à rester dans le camp de protestation situé près du poste frontière.

« S’il n’y aura pas de sanctions et que les frontières ne s’ouvrent pas, nous organiserons la même action [pour bloquer la circulation], mais cette fois avec des autorisations, le 14 juin » pour coïncider avec le sommet de l’OTAN à Bruxelles, a déclaré Aleinik à LRT.lt.

Le Bélarus restreint les possibilités de quitter son territoire

Le Bélarus avait mis en place en décembre 2020 des restrictions sur les voyages à l’étranger, officiellement dans le cadre de la pandémie de coronavirus.

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