L’avenir du Partenariat oriental au menu de son 10ème anniversaire

epa07567811 (L-R) Azerbaijan's President Ilham Aliyev, President of the European Council Donald Tusk, Ukrainian President Petro during a family picture for the 10 years anniversary of EU-Eastern Partnership at the European Council in Brussels, Belgium, 13 May 2019. EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Les intérêts stratégiques de l’Ukraine et de l’UE sont les mêmes, a assuré Jean-Claude Juncker lors du sommet marquant les dix ans du Partenariat oriental, à Bruxelles.

« Remplaçons les armes par l’état de droit. Ça doit être notre but, tous les jours », a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 14 mai, à l’occasion du sommet marquant les dix ans du Partenariat oriental, à Bruxelles. « Et nous devons aussi mettre un terme aux conflits bilatéraux entre les différents pays d’Europe de l’est. »

« Nous devons instaurer la paix dans notre voisinage direct. Sans cela, nous ne parviendrons pas à mobiliser toutes les énergies disponibles pour progresser vers plus de cohésion entre nos États », a-t-il poursuivi, appelant à la patience et à la détermination dans le processus d’alignement de l’Ukraine vis-à-vis de l’UE.

Les élections récentes en Ukraine étaient dans tous les esprits lors du sommet du Partenariat oriental, qui a pour but d’amener l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine dans la sphère d’influence européenne.

S’il soutient les aspirations pro-européennes, le président ukrainien élu, Volodymyr Zelenskiy, reste une inconnue dans l’équation. Ce comique sans expérience politique devra tenir tête à Moscou, qui a annexé la Crimée en 2014 et soutenu une rébellion qui a fait plus de 10 000 morts dans l’est du pays.

La semaine dernière, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a indiqué que Volodymyr Zelenskiy avait promis de poursuivre les réformes pour le renforcement de la démocratie en Ukraine, malgré les doutes quant à sa position vis-à-vis de l’Union. Le président sortant, Petro Porochenko, a appelé les pays du Partenariat oriental à coopérer davantage avec les pays de l’UE et à appliquer les réformes mises en place ces dernières années.

Petro Porochenko estime par ailleurs que la sécurité énergétique de tout le continent européen, et pas seulement des membres du partenariat, devrait être une priorité. « Nous devons croire au faut que les dix années à venir seront de belles années, et peut-être que dans dix ans nous nous réunirons et dirons que, oui, la deuxième décennie du Partenariat a été plus réussie que la première », a-t-il déclaré, ajoutant à l’attention de son successeur : « Suivez mon exemple. »

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Une voie incertaine

Le 13 mai, Donald Tusk organisait un dîner pour les six chefs d’État et de gouvernement des pays du Partenariat oriental, avec Jean-Claude Juncker, la Haute représentante pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, et le commissaire à l’élargissement, Johannes Hahn. Radosław Sikorski et Carl Bildt, anciens ministres des Affaires étrangères polonais et suédois et initiateurs du Partenariat oriental en 2008, étaient également présents.

Au départ, le but de cette réunion était de parler de l’avenir du partenariat, mais cette option a été enterrée par les ministres des Affaires étrangères de l’UE peu avant la rencontre. La déclaration censée être signée par tous les participants a aussi fini par être revue à minima et n’être signée que par Federica Mogherini.

Selon certaines sources, ces changements sont dus à la colère de l’Azerbaïdjan face à un texte qui ne faisait aucune mention de l’intégrité territoriale. Les tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan au sujet de la région sécessionniste du Haut-Karabagh, en Azerbaïdjan, sont encore vives. Face au président azéri, Ilham Aliyev, le Premier ministre arménien, Nikol Pashinyan, a pour sa part exprimé des inquiétudes concernant les violations du cessez-le-feu commises par son voisin.

La déclaration ne contient ni offre concrète d’adhésion à l’UE ni reconnaissance des « aspirations européennes » du pays du partenariat. « Nous réaffirmons les engagements communs inscrits dans les déclarations du sommet du Partenariat oriental et soulignons notre ferme intention de les mettre en œuvre », se borne-t-elle à dire.

Cette formulation a particulièrement déplu à l’Ukraine et à la Géorgie. Bien que les deux pays, ainsi que la Moldavie, aient déjà conclu des accords d’association avec l’UE, qui incluent le libre-échange et la libéralisation des visas, aucun de ces pays ne semble être proche d’une vraie adhésion.

La ministre suédoise des Affaires étrangères, Margot Wallström, a cependant assuré que plusieurs de ces États pourraient encore devenir membres de l’UE dans les dix ans. « Il serait tout à fait naturel que certains États rejoignent l’UE jusqu’à cette date », a-t-elle estimé.

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz, a pour sa part appelé à un partenariat oriental renforcé qui, outre des liens plus étroits avec l’UE et une zone de libre-échange entre les six membres, pourrait inclure « la création de certains instruments » comme un secrétariat permanent à Bruxelles, afin de garantir un contact direct avec les institutions européennes, dont la présidence alternerait tous les six mois, pour traiter directement avec les présidences européennes.

Le prochain sommet du Partenariat oriental pourrait avoir lieu cet été ou au cours du premier semestre de 2020.

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