Élections en Albanie : le socialiste Edi Rama triomphe mais le centre-droit dénonce des irrégularités

Le Premier ministre albanais Edi Rama. [EPA-EFE/JOHN THYS / POOL]

Après un long dépouillement des bulletins de vote, le résultat des sondages de sortie des urnes a été confirmé, consacrant la victoire du Parti socialiste et du Premier ministre sortant Edi Rama, mais le Parti démocrate proteste et fait appel à la Commission électorale centrale. Un article d’Euractiv Italie.

Après un lent comptage des votes, successif aux élections législatives du dimanche 25 avril, la composition de l’hémicycle parlementaire albanais a été établie. Le Premier ministre socialiste Edi Rama a remporté les élections pour la troisième fois consécutive (un record depuis que le pluralisme existe dans l’ancienne république socialiste) et se prépare à former une large majorité au parlement.

Sur la base du dépouillement effectué dans 5 197 bureaux de vote sur 5 199, le Parti socialiste a obtenu 768 177 voix, soit 48,66 % des suffrages, correspondant à 74 sièges sur 140 à la Chambre. Le Parti démocrate, dirigé par Lulzim Basha, a pour sa part été crédité de 622 234 voix, soit 39,42 % des suffrages et 59 sièges.

Le Mouvement socialiste pour l’intégration (LSI), dirigé par Monika Kryemadhi (l’épouse du président de la République Ilir Meta), a essuyé un sérieux revers, ne récoltant que 6,8 % des suffrages (107 522 voix) et ne remportant que 4 sièges contre 19 lors la précédente législature.

Le Parti social-démocrate, qui a obtenu 2,25 % des suffrages, disposera de trois sièges dans le nouveau parlement et s’est dit prêt à collaborer avec la majorité. Cela permettra de créer une coalition qui affichera 14 députés de plus que les forces de l’opposition.

Edi Rama a émaillé son discours de la victoire – prononcé mardi 27 avril à Tirana – de messages de conciliation, après que le pays a été marqué par de nombreuses confrontations politiques au cours des dernières années. Le Parti démocrate a cependant dénoncé des irrégularités et a fait savoir qu’il s’était adressé à la Commission électorale centrale en raison du nombre trop élevé de bulletins non valides.

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Quelque 3,6 millions d’Albanais ont été appelés à voter pour élire les 140 membres du parlement à Tirana, mais le taux de participation n’a été que de 48 %. La « diaspora albanaise » a joué un rôle important dans tout le processus, car l’Albanie compte un peu plus de 2,8 millions d’habitants, le reste des citoyens étant dispersé dans le reste du monde, notamment en Europe.

Bruxelles a bien entendu suivi le déroulement des événements avec attention, car l’Albanie est l’un des candidats des Balkans occidentaux à l’intégration à l’UE. Mardi 27 avril, la Commission européenne s’est exprimée par le biais du Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, et du commissaire à l’élargissement, Olivér Várhelyi, qui ont publié une déclaration commune.

Suivant les conclusions préliminaires de la mission OSCE/BIDDH (Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme) les deux représentants de la Commission européenne ont écrit que « les élections législatives [avaient] été en général bien organisées par l’administration électorale et la campagne a[vait] été animée et inclusive ». Le texte fait cependant état de « préoccupations concernant l’utilisation abusive de ressources ou de fonctions étatiques par le parti au pouvoir et d’autres personnalités publiques », relevées par les observateurs.

Ils ont également ajouté que « toutes les forces politiques [devaient] maintenant assurer le fonctionnement efficace et démocratique des institutions du pays ». « Cela inclut la responsabilité d’adhérer aux principes démocratiques de respect du résultat du vote », ont souligné les deux hommes politiques à Bruxelles, rappelant que « toute irrégularité présumée doit être portée à l’attention de la Commission électorale centrale et des autres autorités compétentes et que les cas individuels devront faire l’objet d’une enquête consciencieuse ».

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« L’Albanie a parcouru un long chemin sur la voie de l’Union européenne, faisant preuve de détermination dans la poursuite de réformes difficiles [menées] dans l’intérêt du peuple albanais », stipule également la déclaration. « Nous aimerions voir le pays entrer dans la prochaine phase du processus d’adhésion, la première conférence intergouvernementale pour lancer les négociations devant être organisée dès que possible ».

« Nous attendons du nouveau parlement et du nouveau gouvernement qu’ils poursuivent avec détermination le programme de réforme du pays, notamment en ce qui concerne l’État de droit. Nous réitérons notre appel à un dialogue politique constructif et inclusif de la part de toutes les forces en présence », ont conclu Josep Borrell et Olivér Várhelyi.

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