Emmanuel Macron annonce la fin de l’opération Barkhane au Sahel

La présence militaire de la France dans la région sera désormais concentrée sur la lutte contre les mouvements djihadistes au sein des missions européennes et de l’Onu. [EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

À la veille du G7 au Royaume-Uni, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait opérer une « transformation profonde » de sa présence militaire au Sahel, et la fin de l’opération Barkhane. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi 10 juin 2021 une « transformation profonde » de la présence militaire française au Sahel, et la mise en place d’une alliance internationale antidjihadiste dans la région. Cette transformation aboutira à la fin de l’opération Barkhane.

Le président s’exprimait dans le cadre d’un discours détaillant ses axes pour le G7 qui s’ouvre vendredi.

« À l’issue de consultations (…), nous amorcerons une transformation profonde de notre présence militaire au Sahel », a-t-il dit lors d’une conférence de presse, annonçant la « fin de l’opération Barkhane en tant qu’opération extérieure » et la mise en œuvre « d’une alliance internationale associant les États de la région ».

La présence militaire de la France dans la région sera désormais concentrée sur la lutte contre les mouvements djihadistes au sein des missions européennes et de l’Onu.

Le « temps est venu » d’amorcer « une transformation profonde de notre présence militaire au Sahel », a déclaré le chef de l’État pendant une conférence de presse.

Des consultations jusqu’à la fin juin

Estimant que le rôle de la France n’avait jamais été de se substituer aux États africains, Emmanuel Macron a indiqué que des discussions auraient lieu dans les prochaines semaines pour fixer le « nouveau cadre » de l’intervention au Sahel.

« La présence durable dans le cadre d’opérations extérieures de la France ne peut pas se substituer au retour de l’État et des services de l’État à la stabilité politique et au choix des États souverains », a souligné le président français.

Alors que des sources avaient déclaré plus tôt dans la journée à Reuters qu’Emmanuel Macron s’apprêtait à annoncer une réduction des effectifs de l’opération Barkhane, qui s’élèvent à l’heure actuelle à 5 100 hommes, celui-ci est allé plus loin en promettant un « changement de modèle » qui sera mis en place de manière progressive.

« La poursuite de notre engagement au Sahel ne se fera pas dans un cadre constant », a dit Emmanuel Macron en annonçant « la fin de l’opération Barkhane en tant qu’opération extérieure pour permettre une opération d’appui, de soutien et de coopération aux armées des pays de la région qui le souhaitent ».

Des consultations à ce sujet vont être menées d’ici la fin du mois de juin avec les États-Unis et les partenaires européens de la France, ainsi qu’avec les pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso et Mauritanie), a-t-il poursuivi.

La nouvelle organisation devrait s’appuyer sur la « task force » Takuba constituée de forces spéciales européennes qui sont chargées d’accompagner les armées malienne et nigérienne au combat, a précisé Emmanuel Macron.

Les effectifs de Barkhane avaient été portés de 4 500 à 5 100 hommes à la fin février 2020 après un sommet réunissant la France et ses alliés du G5 Sahel à Pau.

Situation au Mali

Emmanuel Macron avait déjà souligné à cette occasion que la présence française au Sahel n’était pas éternelle. Il avait néanmoins repoussé sa décision sur une éventuelle réduction des effectifs de Barkhane lors d’un sommet virtuel qui avait réuni en février dernier la France et ses alliés du G5 Sahel.

« Il n’y a pas eu un réengagement des décideurs pour faire revenir l’État dans les zones que nous libérons du terrorisme », a insisté le chef de l’État. « Nous sommes là en soutien des États, pas en substitution », a-t-il martelé.

Emmanuel Macron a assuré que cette évolution n’était pas directement liée au récent coup d’État au Mali mais il a jugé que la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) avait commis une « erreur » et envoyé un « mauvais signal » en reconnaissant le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, en tant que président par intérim.

La France avait annoncé le 3 juin qu’elle suspendait à titre conservatoire ses opérations militaires conjointes avec les forces maliennes du fait de la situation dans ce pays.

Emmanuel Macron a souhaité jeudi que cette coopération puisse reprendre le plus rapidement possible si les autorités maliennes apportent des réponses satisfaisantes.

Le retrait des troupes françaises du Sahel « serait une erreur », d’après Emmanuel Macron

S’adressant au sommet du G5 Sahel de N’Djamena mardi (16 février), le président français Emmanuel Macron a revu sa volonté de retirer massivement les troupes françaises déployées dans la région du Sahel au nord-ouest de l’Afrique.

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