Espagne : le gouvernement présente sa réforme pour indexer les retraites sur l’inflation

La porte-parole du ministre espagnol de la politique territoriale et du gouvernement, Isabel Rodriguez, arrive pour s'adresser à une conférence de presse à Madrid, en Espagne, après la réunion hebdomadaire du gouvernement au Palais de la Moncloa à Madrid, en Espagne, le 24 août 2021. [Juan Carlos Hidalgo/EPA]

Le gouvernement de gauche espagnol a présenté mardi (24 août) son projet de loi sur les retraites, qui prévoit de revaloriser les pensions en les indexant sur l’inflation, de pénaliser les retraites anticipées et d’inciter financièrement les salariés à travailler plus longtemps.

La réforme des retraites est l’une des conditions posées par la Commission européenne pour que l’Espagne puisse continuer à bénéficier des fonds du méga-plan de relance post-Covid.

« Ces mesures viennent garantir le pouvoir d’achat des retraités, qui se trouvaient dans l’incertitude depuis la réforme de 2013 », élaborée en pleine cure d’austérité par le gouvernement conservateur de l’époque, a déclaré la porte-parole du gouvernement, Isabel Rodríguez, lors d’une conférence de presse.

En 2018, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, confronté à de vastes manifestations de retraités, s’était résolu à augmenter temporairement les pensions en lien avec l’inflation, après avoir interdit ce mécanisme en 2013.

Le projet de loi du gouvernement du socialiste Pedro Sánchez prévoit d’augmenter les pensions de retraite chaque année au 1er janvier « en accord avec l’inflation moyenne annuelle enregistrée lors de l’exercice précédent », précise un communiqué gouvernemental.

En cas de baisse des prix, le montant des pensions restera inchangé.

De nombreux économistes estiment qu’une telle mesure n’est pas tenable pour les finances publiques espagnoles, alors que le déficit de la Sécurité sociale atteignait près de 30 milliards d’euros fin 2020.

Le gouvernement veut aussi inciter les salariés à repousser leur départ.

La réforme de 2013 prévoyait déjà une augmentation progressive de l’âge minimum de départ à la retraite, actuellement d’environ 65 ans, jusqu’à atteindre 67 ans en 2027.

Pour maintenir ce cap, le projet de loi prévoit plusieurs types d’incitations financières pour les personnes repoussant leur départ, dont le versement d’un chèque pouvant aller jusqu’à 12 000 euros par année supplémentaire travaillée.

À l’inverse, le montant de la pension sera réduit en cas de départ anticipé à la retraite.

Le gouvernement espère faire approuver la loi par le Parlement d’ici à la fin de l’année.

L’automne sera consacré à des négociations sociales sur le volet le plus sensible du système des retraites, celui du « facteur de durabilité », c’est-à-dire le coefficient permettant d’ajuster le montant des pensions à l’allongement de l’espérance de vie.

Pour garantir la viabilité du système, de nombreux spécialistes estiment qu’il faudrait baisser les pensions.

Le problème des retraites est rendu particulièrement aigu en Espagne par la démographie, le pays combinant le deuxième taux de natalité le plus bas d’Europe (1,23 enfant par femme) avec une grande longévité, supérieure à 83 ans en moyenne.

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