Entre l’UE et l’ASEAN, un « partenariat stratégique » se dessine

Après six ans de pourparlers, l’UE et l’ASEAN ont renforcé leurs relations. Désormais, les deux parties ont fait évoluer le « dialogue » en un « partenariat stratégique ». EPA-EFE/CLEMENS BILAN / POOL / [EPA-EFE/CLEMENS BILAN / POOL /]

Après six ans de pourparlers, l’UE et l’ASEAN ont renforcé leurs relations. Désormais, les deux parties ont fait évoluer le « dialogue » en un « partenariat stratégique ». Telles sont les conclusions de leur réunion organisée mardi (1er décembre).

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borell, les ministres des Affaires étrangères des dix pays que compte l’ASEAN ainsi que leurs homologues européens se sont virtuellement retrouvés autour de la table des négociations mardi (1er décembre).

À l’issue de cette réunion, les deux parties se sont engagées à organiser des sommets régulièrement entre les dirigeants, à stimuler la coopération en matière d’économie et de sécurité et à créer des liens dans des domaines comme la connectivité et le développement.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, dont le pays détient la présidence tournante du Conseil de l’UE jusqu’à la fin de l’année 2020, a déclaré qu’il s’agissait « d’une étape logique ».

« En tant qu’acteurs multilatéralistes, nous sommes des partenaires naturels. Ensemble, notre voix est forte, faisons-la entendre », a-t-il ajouté.

L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, ASEAN ou ANASE, est une organisation intergouvernementale qui regroupe dix pays : l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande, les Philippines, le Brunei, le Vietnam, le Laos, la Birmanie et enfin le Cambodge.

Le ministre de Singapour pour les Affaires étrangères, le Dr Vivian Balakrishnan, co-organisateur de la visioconférence, a appuyé la nécessité des membres de l’ASEAN et de l’UE de faire preuve d’esprit d’initiative pour renforcer leur coopération.

Anna Hallberg, la ministre suédoise du Commerce extérieur et des Affaires nordiques, a qualifié cette transition vers un partenariat stratégique de « message opportun et fort », avançant qu’il y avait « de grandes possibilités pour une coopération accrue ».

Les deux blocs se sont accordés afin de mettre sur pied un groupe de travail dans le but d’aborder les « défis du secteur de l’huile végétale liés aux Objectifs de développement durable (ODD) », dont la première réunion est prévue en janvier 2021.

La Malaisie compte sur l’huile de palme durable pour conserver l’accès au marché européen

La Malaisie compte envoyer une délégation en Europe à la fin février pour présenter ses nouvelles méthodes de production d’huile de palme durable. Le pays espère ainsi déjouer les mesures de suppression progressive de cette denrée adoptées par l’UE.

L’huile de palme, l’huile végétale la plus utilisée à l’échelle mondiale et majoritairement produite en Indonésie et en Malaisie (85%), a longtemps été la pomme de discorde dans les relations commerciales entre l’UE et l’ASEAN.

Dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe, la Commission européenne s’est engagée à développer une « diplomatie verte » plus solide, axée sur des mesures visant à convaincre ses partenaires à redoubler d’efforts en matière de développement durable.

L’année dernière, Bruxelles a promis qu’elle cesserait progressivement d’utiliser l’huile de palme dans les carburants pour les transports entre 2023 et 2030, tandis que sa présence dans les denrées alimentaires continue de baisser.

Au cours de la réunion ministérielle, l’exécutif européen a également annoncé qu’il débloquerait 20 millions d’euros pour le Plan stratégique de préparation et de riposte en Asie du Sud-Est, et ce en réponse à la pandémie actuelle de Covid-19. Cette somme vient s’ajouter aux 800 millions d’euros déjà prévus par le bloc à l’intention des pays de l’ASEAN afin de surmonter les répercussions de la crise sanitaire.

« Nous soutenons fermement le “multilatéralisme vaccinal” et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avec laquelle nous collaborons pour garantir un accès juste, équitable et bon marché à des vaccins sans danger et efficaces », ont souligné les parties dans une déclaration commune.

Séparément, les ministres se sont également engagés à « mettre en avant la connectivité dans et entre l’ASEAN et l’UE ».

D’après Gunner Weigand, directeur général Asie et Pacifique au Service européen pour l’action extérieure (SEAE), « il ne s’agissait pas d’une réunion ordinaire, mais d’une étape historique » : l’évolution des relations entre l’UE et l’ASEAN en un partenariat stratégique entre « deux acteurs stables dans une période marquée d’incertitudes grandissantes ».

Accord de libre-échange 

En 2019, l’UE représentait le troisième investisseur étranger et partenaire commercial le plus important au sein de l’ASEAN.

Les parties promettent d’œuvrer sans relâche pour « créer un cadre pertinent destiné à un accord de libre-échange plein d’ambitions », arguant que « cette démarche enverrait un message fort de l’engagement des deux régions à apporter des avantages tangibles par l’intégration économique et la libéralisation du commerce ».

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