L’UE juge « inacceptables » les tensions sur la ligne d’occupation en Géorgie

La ligne d'occupation. [Website of the Ministry of Foreign Affairs of Georgia]

L’ambassadeur de l’UE en Géorgie a qualifié d’« inacceptables », vendredi 30 août, les tensions et le langage conflictuel à la « frontière » entre la Géorgie et son territoire occupé d’Ossétie du Sud.

L’ambassadeur Carl Hartzell a twitté qu’il s’attendait à ce que « toutes les parties » fassent preuve d’un maximum de retenue et utilisent leur influence pour éviter que la situation ne s’aggrave.

Parallèlement, le ministère géorgien des Affaires étrangères a exprimé son inquiétude face à ce qu’il qualifie de « provocations » du régime d’occupation soutenu par la Russie en Ossétie du Sud, y compris la mobilisation de matériel et de personnel militaires.

Depuis la guerre entre la Russie et la Géorgie qui a eu lieu en août 2008, les régions géorgiennes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie sont contrôlées par des régimes soutenus par la Russie.

La Russie compterait entre 9 000 et 10 000 soldats sur les deux territoires séparatistes, soit un soldat pour huit habitants en Ossétie du Sud.

L’UE dispose d’une mission de surveillance civile non armée, appelée EUMM Georgia (mission d’observation de l’Union européenne en Géorgie), déployée depuis septembre 2008, à la suite de l’accord en six points conclu par l’UE qui a mis fin à la guerre du mois d’août. Basée à Tbilissi, elle comprend 200 observateurs des États membres de l’UE qui patrouillent dans les zones adjacentes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud mais ne peuvent pas entrer dans ces territoires.

La Russie a reconnu l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie comme des États indépendants. Le Nicaragua, le Venezuela, Nauru et, plus récemment, la Syrie sont les seuls autres pays à avoir reconnu ces deux territoires.

Les derniers rapports parlent de la mise en place d’un nouveau point de contrôle par la Géorgie près du village de Tsnelisi (Uista).

Tsnelisi est presque entièrement contrôlé par les forces d’Ossétie du Sud et est séparé du village de Chorchana, contrôlé par le gouvernement géorgien, par une zone tampon boisée.

Avant cela, il avait été signalé que les autorités d’Ossétie du Sud, soutenues par la Russie, érigeaient des clôtures, à proximité du village de Gugutiantkari.

La responsable des affaires étrangères de l’UE, Federica Mogherini, s’est entretenue le 21 août avec le ministre des Affaires étrangères de Géorgie, David Zalkalian, et ils ont convenu que l’érection de clôtures entravait la liberté de mouvement de la population locale et la privait de l’accès aux vergers et aux ressources en eau, qui sont essentiels à sa subsistance.

Mercredi, le service de sécurité de l’État géorgien a accusé les autorités d’Ossétie du Sud d’avoir procédé à une mobilisation « provocatrice » de véhicules blindés près du village de Chorchana.

Vendredi, le ministère des Affaires étrangères a exprimé son inquiétude quant à la mobilisation de matériel et de personnel militaires par les forces d’occupation sur la ligne d’occupation, près de Chorchana.

« De telles actions destructrices, ainsi que les déclarations totalement inacceptables des dirigeants du régime d’occupation, représentent une nouvelle provocation qui aggrave encore l’environnement sécuritaire et vise à déstabiliser la situation », a déclaré le ministère géorgien.

Il a ajouté que la Géorgie respectait pleinement les engagements pris et continuait d’informer la communauté internationale sur l’évolution de la situation sur le terrain, en étroite collaboration avec les coprésidents des Discussions internationales de Genève, l’EUMM et le corps diplomatique accrédité à Tbilissi.

Les Discussions internationales de Genève (DIG) sont des pourparlers internationaux lancés à Genève en octobre 2008, pour traiter des conséquences du conflit de 2008 en Géorgie. Coprésidé par l’OSCE, l’UE et l’ONU, le processus de Genève réunit des représentants des participants au conflit – la Géorgie, la Russie et les pays séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud – ainsi que les États-Unis.

La Géorgie dit avoir également avoir évoqué la question lors d’une réunion du mécanisme de prévention et de réponse aux incidents à Ergneti le 29 août.

Le ministère des Affaires étrangères géorgien appelle la Fédération de Russie à cesser ce qu’il appelle des actions illégales et à mettre en œuvre ses engagements internationaux, en respectant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Géorgie.

Tbilissi appelle également la communauté internationale « à réagir comme il se doit aux développements illégaux sur la ligne d’occupation et à prendre les mesures nécessaires pour faire cesser ces actions ».

La porte-parole de Federica Mogherini, Maja Kocijancic, a déclaré à Euractiv que l’UE suivait la situation de très près et a repris les termes utilisés par l’ambassadeur Hartzell. Des sources diplomatiques ont confirmé que les récents développements sur la ligne d’occupation de la Géorgie devenaient un sujet de grave préoccupation pour l’UE.

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