Bruxelles espère un dégel entre la Russie et l’Ukraine

Des Ukrainiens manifestent contre la "formule Steinmeier" à Minsk, le 2 octobre 2019. [Sergey Dolzhenko/EPA/EFE]

Une récente rencontre diplomatique à Minsk laisse espérer la tenue d’un sommet international pour mettre un terme aux combats dans l’est de l’Ukraine. Mais dans le pays, nombreux sont ceux qui dénoncent une «capitulation».

Plus de 13 000 personnes ont été tuées dans le cadre du conflit qui oppose depuis cinq ans, dans l’est de l’Ukraine, les séparatistes pro-russes et les forces du gouvernement ukrainien.

Lors d’un entretien qui a eu lieu le 1er octobre, des émissaires de Moscou et de Kiev ont convenu d’un calendrier électoral pour la région séparatiste et de la mise en œuvre d’une législation lui garantissant un statut spécial.

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Sollicitée par Euractiv, un porte-parole de la Commission, Carlos Martin Ruiz de la Gordehuela, relève que les pourparlers du groupe trilatéral à Minsk, y compris ceux qui ont porté sur la « formule Steinmeier », constituent « un pas qui pourrait, espérons-le, déboucher sur de nouveaux efforts en faveur de la pleine application des accords de Minsk par toutes les parties ».

Il s’agit d’un élément clé, a-t-il ajouté, pour parvenir à une solution durable du conflit dans l’est de l’Ukraine.

Une formule controversée

La formule doit son nom au président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui avait tenté en 2016, lorsqu’il était encore ministre des Affaires étrangères, de trouver un moyen de sortir de l’impasse les accords de Minsk signés en 2014 et 2015.

Le groupe de contact trilatéral sur l’Ukraine rassemble des représentants de l’Ukraine, de la Fédération de Russie et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Il a été constitué dans le but de favoriser une résolution diplomatique du conflit dans la région du Donbass en Ukraine.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui fut autrefois comédien, semble marcher sur une corde raide avec la « formule Steinmeier ». En outre, son implication dans le scandale qui a mené, aux États-Unis, au lancement d’une procédure de destitution contre Donald Trump par les démocrates, ne l’aide pas, ni à l’interne ni au niveau international.

En Ukraine, la « formule Steinmeier » est très contestée, car nombreux sont ceux qui la jugent trop favorable à la Russie. En résumé, Frank-Walter Steinmeier a tenté de simplifier les accords de Minsk. L’enchaînement des événements demeure cependant peu clair et sujet à controverse.

Comme l’a indiqué Radio Free Europe/Radio Liberty, les partis politiques d’opposition, mais aussi des vétérans ukrainiens, des ultranationalistes et des groupes issus de la société civile, s’opposent à la « formule Steinmeier ». Nombre d’entre eux accusent Volodymyr Zelensky de trahison et se rangent du côté de l’ancien président Petro Porochenko, qui a qualifié toute forme d’ouverture à la Russie de capitulation.

La « formule Steinmeier » prévoit en particulier l’organisation d’élections dans les territoires séparatistes, suivant la législation ukrainienne et sous la supervision de l’OSCE. Si l’organisation européenne juge le scrutin libre et équitable, un statut d’autonomie des territoires commencera à être mis en place et l’Ukraine reprendra le contrôle de frontière la plus orientale.

Volodymyr Zelensky affirme cependant qu’il n’y aura pas d’élections dans le Donbass avant que les forces pro-russes se soient retirées et que l’Ukraine ait retrouvé le contrôle de sa frontière.

Nombreux sont ceux qui voient l’empreinte d’Emmanuel Macron dans les efforts déployés pour mettre un terme au conflit dans l’est de l’Ukraine et normaliser les relations avec la Russie. Un sommet devrait avoir lieu à la mi-octobre, peut-être à Paris et au format « Normandie » (Ukraine, Russie, France et Allemagne).

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La Commission a souligné qu’elle avait constamment appuyé les efforts du format « Normandie », du groupe de contact trilatéral et de l’OSCE pour favoriser la mise en œuvre des accords de Minsk.

Le porte-parole a ajouté que l’UE continuerait à apporter un soutien indéfectible à la souveraineté et à l’indépendance territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières reconnues au niveau international.

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