L’UE soutient Trump après les frappes en Syrie

La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, veulent tous deux que le régime syrien prenne ses responsabilités. [European Council]

Angela Merkel et François Hollande ont réaffirmé leur volonté de tout mettre en œuvre pour que le président syrien, Bachar Al-Assad, soit puni pour ses « actes criminels.

Les États-Unis ont lancé des dizaines de missiles de croisière le 7 avril contre une base aérienne syrienne d’où une attaque chimique aurait été perpétrée la semaine dernière. « Le président Bachar Al-Assad est le seul responsable de cette attaque chimique », a indiqué le gouvernement allemand dans une déclaration après un entretien téléphonique entre Angela Merkel et François Hollande.

Armes chimiques

Le recours répété par Bachar Al-Assad aux armes chimiques et la perpétration de crimes contre la population syrienne doivent être punis, a indiqué le gouvernement allemand. « L’Allemagne et la France enjoignent à la communauté internationale d’œuvrer tous ensemble pour une transition politique en Syrie », a précisé l’Allemagne dans la déclaration.

Le président du Conseil, Donald Tusk, a également soutenu l’intervention américaine dans un tweet.

« Les frappes américaines témoignent de la nécessité d’agir contre ces attaques chimiques barbares. L’UE coopèrera avec les États-Unis pour mettre un terme à la brutalité en Syrie », a-t-il déclaré.

La Commission a publié une déclaration du président Jean-Claude Juncker sur la situation en Syrie, qui semble moins favorable à l’action américaine. Il a cependant précisé que les États-Unis avaient informé l’UE que les frappes étaient limitées et visaient uniquement à dissuader d’autres attaques chimiques.

« Le président Juncker s’est montré sans équivoque dans sa condamnation de l’utilisation des armes chimiques. Il faut agir contre le recours répété à de telles armes. Il comprend les efforts déployés pour dissuader d’autres attaques. Il fait une nette distinction entre les frappes aériennes contre des cibles militaires et l’utilisation d’armes chimiques contre les civiles », peut-on lire dans la déclaration.

La communauté internationale promet 6 milliards d'aide à la Syrie

Les participants à la conférence sur l’avenir de la Syrie à Bruxelles ont condamné l’attaque chimique présumée à Khan Cheikhoun et promis six milliards de dollars d’aide humanitaire pour les Syriens en 2017.

D’après Maja Kocijančić, porte-parole de la chef des affaires étrangères européennes, les États-Unis avaient informé l’UE de leur intention de lancer une frappe aérienne après avoir évalué que le régime syrien avait utilisé des armes chimiques.

Euractiv a demandé à la porte-parole si l’UE avait réalisé sa propre évaluation concernant les armes chimiques, mais celle-ci n’a pas souhaité répondre. Elle ne s’est pas non plus prononcée sur l’éventuelle place de Bachar Al-Assad dans une future solution négociée pour le conflit syrien.

Elle a cité les conclusions de la réunion des ministres des Affaires étrangères européens du 3 avril dernier, au cours de laquelle il avait été conclu qu’aucune paix durable ne pourrait se mettre en place sous le régime actuel.

Le président russe, Vladimir Poutine, a qualifié les frappes aériennes américaines d’illégales, avertissant que cette initiative détériorerait davantage les relations déjà tendues entre Washington et Moscou, même si la Russie espérait remettre les compteurs à zéro avec l’arrivée de Donald Trump.

Violation du droit international

« Le président Poutine considère les frappes américaines en Syrie comme une agression contre un État souverain, ce qui constitue une violation du droit international », peut-on lire dans la déclaration du Kremlin. « Cette initiative de Washington endommagera encore davantage les liens entre la Russie et les États-Unis. »

L’armée américaine avait averti les forces russes de leur intention de frapper une base aérienne syrienne. Elle n’a touché aucune section où des Russes étaient présents.

Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine, a indiqué aux journalistes que les frappes américaines avaient été menées pour aider les groupes rebelles qui luttent contre Bachar Al-Assad. Il a ajouté que la Russie laisserait ses canaux de communication militaire ouverts avec Washington, mais n’échangerait aucune information par le biais de ceux-ci.

Le porte-parole n’a pas souhaité s’exprimer au sujet de la potentielle désactivation des systèmes de défense antimissile russes avant l’attaque militaire en Syrie. La Russie aurait installé des systèmes de défense antimissile sophistiqués en Syrie, mais aucun missile Tomahawk n’aurait été intercepté.

Investir dans les initiatives locales en Syrie pour construire la paix

La conférence internationale sur l’avenir de la Syrie qui se déroule les 4 et 5 avril à Bruxelles devrait miser sur les solutions locales qui ont pris forme pendant les années de conflit.

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