Les États membres unis sur l’accord iranien et les droits de douane américains

epa06744825 Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker (g), et le président du Conseil européen, Donald Tusk, lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, au Sommet UE-Balkans occidentaux au Palais national de la culture, à Sofia, Bulgarie, 17 mai 2018. EPA-EFE/Szilard Koszticsak [EPA-EFE/Szilard Koszticsak]

Les dirigeants de l’UE se sont accordés sur une approche commune pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien et répondre aux droits de douane imposés par Donald Trump sur l’acier et l’aluminium européen.

Lors d’un sommet informel dans la capitale bulgare le 17 mai, les 28 chefs d’État et de gouvernement européens ont demandé à la Commission de défendre les intérêts des entreprises européennes actives en Iran, sans céder aux menaces de Washington.

Au début du mois, Donald Trump a annoncé que les États-Unis se retireraient de l’accord sur le nucléaire signé avec l’Iran par son prédécesseur, estimant qu’il s’agissait d’un échec et d’une « honte pour les États-Unis ». L’Europe semble cependant décidée à ne pas céder au chantage.

« En ce qui concerne l’accord sur le nucléaire iranien, nous avons unanimement décidé que l’UE resterait dans l’accord tant que l’Iran continue à s’engager. En outre, la Commission a reçu le mandat d’agir dès que les intérêts européens sont en jeu », a indiqué Donald Tusk, président du Conseil, lors d’une conférence de presse.

Le 16 mai, il avait déjà vivement critiqué le président américain, déclarant : « avec des amis comme ça, il n’y a pas besoin d’ennemis ». Une remarque qui confirme la volonté de l’Europe à se distancier de son allié transatlantique.

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Le président du Conseil a précisé son message lors d’une conférence de presse avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission. « Vous [Juncker] avez dit que le problème de l’Iran, c’était l’imprévisibilité. Je pense que le vrai problème géostratégique n’est pas quand votre ennemi est imprévisible, mais quand votre plus proche ami l’est. Ce n’est pas une blague, c’est l’essence même de nos difficultés actuelles de l’autre côté de l’Atlantique », a-t-il indiqué.

Plus tôt dans la journée, le président français, Emmanuel Macron, qui a tenté et échoué à convaincre son homologue américain de ne pas abandonner l’accord, a confirmé cette prise de distance, estimant que les entreprises européennes menacées de sanctions aux États-Unis devaient faire leurs propres choix.

« Les entreprises de taille mondiale font des choix qui leur sont propres en fonction des intérêts qui sont les leurs », a-t-il indiqué. « Il est important que les entreprises de taille moyenne et intermédiaire, et qui sont peut-être moins exposées à d’autres marchés, américain ou autre, puissent faire ce choix librement. À cet égard, la Commission a proposé des mesures techniques que nous soutenons. »

« Les conséquences indirectes de la décision américaine vont favoriser les positions russes et chinoises dans la région et avantager leurs entreprises », a souligné le président français, illustrant les craintes des Européens. Pour autant, « nous n’allons pas déclencher une guerre commerciale avec les États-Unis sur l’Iran ou contre-sanctionner des entreprises américaines ».

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Droits de douane

Lors de la même conférence de presse, Jean-Claude Juncker a déclaré que l’UE était prête à commencer des discussions sur la libéralisation des échanges commerciaux dans certains domaines avec Washington si l’administration américaine exemptait de manière permanente l’aluminium et l’acier européens des droits de douane qui doivent entrer en vigueur le 1er juin.

Si la Commission parvient à négocier cette exemption, elle pourrait prendre des mesures comme une « coopération réglementaire volontaire », et envisager une réforme de l’Organisation mondiale du commerce, indique une source européenne. Le président américain s’est plaint d’un traitement « injuste » de la part de l’OMC.

L’UE serait également préparée à « améliorer l’accès réciproque aux marchés pour les produits industriels, notamment les voitures, et la libéralisation du marché public ».

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