La Belgique et les Pays-Bas veulent contrecarrer le décret anti-avortement de Trump

Lilianne Ploumen et Alexander De Croo [Conseil]

Les deux pays veulent lancer un fonds dédié à l’accès à l’avortement dans les pays en développement, après la décision du président américain d’interdire les subventions fédérales aux ONG travaillant sur le sujet. La Commission a affirmé qu’elle ne participait pas à l’initiative.

 

Le ministre belge de la Coopération au développement, Alexander De Croo, a déclaré le 26 janvier qu’il rejoignait l’initiative de son homologue néerlandaise, Lilianne Ploumen, visant à lancer un fonds mondial pour faciliter l’accès des femmes à l’avortement dans les pays en développement.

L’initiative a été annoncée dans la foulée de la signature par Donald Trump d’un décret interdisant le financement des plannings familiaux à l’étranger.  

Tweet d’Alexander De Croo : Supprimer le soutien au planning familial signifie un accès moindre aux contraceptifs et davantage d’avortements dangereux #droitsdesfemmes

Donald Trump est par ailleurs en train de préparer un décret qui réduira drastiquement la participation financière des États-Unis aux Nations unies, ainsi qu’à d’autres organisations internationales qui, selon lui, ne remplissent pas certains critères.

Le décret, intitulé « Audit et réduction des financements américains aux organisations internationales », supprimera les fonds destinés aux organisations qui reconnaissent pleinement l’Autorité palestinienne ou l’Organisation de libération de la Palestine, qui soutiennent l’avortement, ou qui contournent les sanctions imposées à l’Iran ou à la Corée du Nord, entre autres.

Fonds mondial pour l’avortement

En réponse, les Pays-Bas ont été le premier pays à déclarer le lancement d’un fonds mondial pour aider les femmes à accéder à l’avortement pour compenser l’interdiction de Donald Trump. Les responsables néerlandais estiment que les restrictions du président américain provoqueront une baisse de financement de 600 millions d’euros ces quatre prochaines années.

Le 23 janvier, Donald Trump a rétabli une politique qui exige des ONG étrangères recevant des fonds américains pour le planning familial, qu’elles certifient qu’elles ne pratiquent pas l’avortement ou qu’elles ne fournissent aucun conseil sur l’accès à l’avortement dans le cadre des activités de planning familial.

L’initiative de contre-attaque a été annoncée le 24 janvier par Liliane Ploumen, ministre de la Coopération internationale au développement, dont le parti travailliste – le plus petit partenaire de la coalition gouvernementale – a toujours été résolument favorable au droit à l’avortement.

>> Lire : Les droits sexuels intègrent la politique européenne de développement

La Haye a déclaré être en contact avec d’autres pays au sujet de l’initiative, et aussi avec la Commission européenne.

Interrogé à ce propos, Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission, a toutefois déclaré qu’il n’était pas personnellement au courant de l’initiative.

Carlos Martin Ruiz De Gordejuela, porte-parole, a quant à lui déclaré que la Commission respectait et soutenait les politiques en matière de droits reproductifs, « mais toujours dans le respect de la législation en vigueur dans le pays hôte, où ces mesures sont prises ». Il a précisé qu’il ne commentait pas les points de vue nationaux.

En effet, l’UE n’a pas une seule et unique politique sur l’avortement. Les deux bastions du catholicisme, la Pologne et l’Irlande ont en effet des politiques extrêmement restrictives à ce sujet. Malte est cependant le seul pays de l’UE où toute forme d’avortement est interdite.

>> Lire : Les Polonaises manifestent pour défendre le droit à l’avortement

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