L’UE dévoile ses projets de partenariat avec l’Afrique

[EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

L’UE a présenté sa nouvelle stratégie globale concernant l’Afrique, qui inclut des partenariats dans cinq domaines différents. Première étape : sept mois de négociations pour élaborer un programme avant le sommet Union africaine-Union européenne (UA-UE) d’octobre prochain.

Le document propose des partenariats sur la transition écologique ; le passage au numérique ; la durabilité de la croissance et des emplois ; la paix et la gouvernance ; ainsi que la migration et la mobilité. L‘UE espère que sa feuille de route marque un tournant vers une approche moins paternaliste de ses relations avec les dirigeants africains.

« L’Afrique est la partenaire toute désignée de l’Union européenne et sa voisine » déclare Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission. Et d’ajouter que « la stratégie Afrique-UE […] servira de feuille de route pour avancer et renforcer notre partenariat ».

Succession des Accords de partenariat économique

La première stratégie publiée par l’UE remonte à 2005. Elle avait été lancée dans le cadre des accords de partenariat économique (APE), un malencontreux projet d’accords de libre-échange avec plusieurs pays africains, dont un seul est entré en vigueur.

Le 27 février, dix membres de la Commission se sont rendus au sommet UA-UE à Addis-Abeba en Éthiopie. Selon des fonctionnaires européens, cette initiative témoigne de la volonté de l’UE d’encourager la coopération politique avec l’Union africaine.

Mais au cours des dernières années, les relations diplomatiques et politiques entre l’Afrique et l’UE se sont refroidies, au profit de la Chine et d’autres pays. La Commission européenne prend toutefois soin de souligner que l’UE représente la première source d’investissements étrangers directs sur le continent africain.

Les diplomates africains affirment que les conditions de l’UE, liées à ses structures d’investissements, sont trop restrictives. Ils soulignent que les accords commerciaux conclus entre les deux parties favorisent l’Europe et ne permettent pas aux pays africains de développer des industries nationales. Résultat : le continent africain exporte principalement des matières premières vers l’UE, déclarent-ils.

Le document de 19 pages reconnaît que de nombreux acteurs internationaux sont de plus en plus attirés par le potentiel de l’Afrique. Cela « signifie que l’UE et ses États membres doivent travailler en harmonie pour adapter leur façon d’interagir avec l’Afrique ».

Investissements durables

Parallèlement, l’« instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale » (IVCDCI) proposé par la Commission dans le cadre du budget 2021-2027 pourrait mettre à disposition jusqu’à 60 milliards d’euros pour favoriser les investissements durables, en particulier en Afrique.

L’UE promet aussi d’accorder une importance toute particulière à la zone de libre-échange continentale (ZLEC) sur les plans politique, technique et financier, et se dit ouverte à la « perspective de créer, à terme, une zone de libre-échange intercontinentale ».

Par ailleurs, l’UE envisage de « soutenir les politiques de défense et de sécurité africaines au travers de la facilité européenne pour la paix », l’un de ses instruments de financement à l’étranger.

« Nous avons tout intérêt à renforcer notre partenariat déjà très étroit, notamment en ce qui concerne la paix et la stabilité, la pauvreté et les inégalités, ainsi que le terrorisme et l’extrémisme », indique Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’UE.

Comme les différentes ébauches de la stratégie avaient fuité dans la presse au cours des dernières semaines, le document officiel publié mardi 10 mars réservait peu de surprises.

L'UE veut multiplier les "partenariats" avec les pays africains

L’UE cherche à placer une série de « partenariats » de diverses thématiques politiques au cœur de sa stratégie UE-Afrique, qui sera officiellement lancée début mars, selon un document ayant fait l’objet d’une fuite.

Malgré tout, la proposition représente « une première étape dans la bonne direction », affirme Emily Wigens, la directrice européenne du mouvement mondial ONE, qui fait campagne pour mettre un terme à l’extrême pauvreté et aux maladies évitables.

Néanmoins, pour le moment, le document de la Commission n’exprime pas grand-chose d’autre que des aspirations. Il ne fait pas non plus mention de nouveaux engagements européens en matière d’investissements ou de financement, car l’UE reste embourbée dans les discussions sur son prochain budget à long terme. Celui-ci pourrait se traduire par d’importantes coupes dans les fonds destiné à l’Afrique subsaharienne.

« Un financement correct du partenariat sera garant de son succès et de son efficacité. Cela signifie que les leaders européens doivent aussi avoir une vision à plus long terme lors des négociations sur le budget de l’UE ». Ils doivent « s’accorder sur un plan de financement qui va au-delà de 2027 et établit un partenariat fructueux pour les décennies à venir », indique Emily Wigens.

Et les pourparlers pour trouver une entente après l’expiration de l’accord de Cotonou risquent de compliquer un peu plus la nouvelle stratégie Afrique-UE.

Cet accord de partenariat signé en 2000 régis les relations commerciales et politiques entre l’UE et 48 États d’Afrique subsaharienne, 16 des Caraïbes et 15 du Pacifique (ACP). Les négociations sur le futur accord étant toujours en cours, le partenariat sera prolongé jusqu’en décembre 2020.

L’échéance pour parvenir à un projet d’accord a été fixée à la fin avril par la commissaire européenne aux partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, et le négociateur en chef des pays ACP, Robert Dussey.

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