Europol veut coopérer avec l’Afrique dans sa lutte contre les passeurs

Les passeurs diversifient leurs activités criminelles, pratiquant désormais le trafic de drogue, le blanchiment d'argent et la contrefaçon. [Naval Surface Warriors/ Flickr]

Un demi-million de passeurs figurent déjà dans les bases de données d’Europol, et ce business ne cesse d’attirer de nouveaux adeptes. Les autorités policières comptent désormais sur l’aide de l’Afrique pour freiner cette tendance. Un article d’Euractiv Allemagne.

Ils sont Turcs, Syriens, Roumains, Bulgares ou Egyptiens. Peu importe leur origine ou leur religion : le réseau de passeurs en Europe,  désormais aussi grand qu’une multinationale n’a que faire de l’origines de ses « employés ».

Cette activité devient de plus en plus lucrative grâce aux migrants, qui utilisent ces réseaux pour atteindre l’Europe dans plus de 90 % des cas, a récemment indiqué Europol. La demande augmente également.

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C’est pourquoi l’Office européen de police, Europol, se prépare depuis plus d’un an. L’année dernière, il a créé le Centre européen pour la lutte contre le trafic de migrants (EMSC) afin d’aider les États membres à démanteler ces réseaux.

L’EMSC est une extension de l’opération Jot Mare (JOT), qui a été créée en 2015 à La Haye. Depuis lors, 50 000 passeurs ont été identifiés, selon le chef de l’EMSC, Robert Crepinko, venu témoigner devant la commission justice du Parlement européen, le 23 mars.

Il observe que les bandes criminelles organisées utilisent de plus en plus les réseaux sociaux pour trouver de nouveaux « clients ». Un nombre croissant de documents d’identité sont ainsi falsifiés et vendus en ligne. « Plus de 1 000 canaux de réseaux sociaux sont utilisés à cet égard », a averti Robert Crepinko.

Arndt Sinn, du Centre d’études de droit international et de relations internationales (ZEIS) de l’université d’Osnabrück, qui a contribué à l’évaluation de la menace que constitue la criminalité organisée (SOCTA),  souligne que « sur le darknet, les criminels opèrent sur des réseaux impersonnels » en toute impunité.

Depuis la fermeture de la route des Balkans, la principale zone d’opérations des passeurs est la route de Méditerranée centrale. Le trafic organisé dans ce secteur, selon un rapport d’Europol datant du 9 mars, est l’un des secteurs criminels les plus florissants.

Presque tous les groupes impliqués sont aujourd’hui des multinationales. Le rapport soutient par ailleurs que plus de 45 % de ces groupes diversifient leurs activités illégales, en complétant leurs opérations avec des activités de contrefaçon, de trafic de drogue et de blanchiment d’argent.

Un aspect important de l’opération mise en place pour s’attaquer à ces réseaux est la coopération avec d’autres organisations comme Interpol et Frontex, qui permet à Europol d’obtenir des données précises, a expliqué Robert Crepinko. L’objectif final n’est pas seulement d’arrêter les criminels, mais aussi les personnes ou groupes qui soutiennent leurs opérations.

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Voilà pourquoi l’EMSC veut étendre sa portée au-delà de l’UE le plus vite possible. Même si Europol est déjà présent sur le terrain dans les « hotspots » en Italie et en Grèce, « des partenaires en Afrique sont nécessaires pour agir contre le crime organisé », a insisté Robert Crepinko.

Actuellement, il n’y a pas de collaboration avec les autorités policières en Afrique, selon Europol. Pourtant, certains pays africains sont intéressés par une future coopération, a-t-il révélé, sans nommer de pays.

Certains eurodéputés, comme l’Espagnol Agustín Díaz (PPE), pensent qu’un changement ne sera possible que si les hotspots du sud de l’Europe sont déplacés en Afrique.

D’autres au contraire sont plus sceptiques, et la porte-parole du groupe S&D à la commission justice, Birgit Sippel, estime que l’accent mis sur la coopération policière avec les pays tiers n’est pas suffisant.

« Dans la lutte contre les trafiquants, nous avons besoin de plus d’informations sur la situation des pays de transit », a-t-elle commenté. Reste à savoir si les pays en questions ont un réel intérêt à démanteler les réseaux criminels.

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