En Géorgie, l’ancien ministre de l’Intérieur, Giorgi Gakharia, est confirmé au poste de Premier ministre

Le Premier ministre géorgien désigné Giorgi Gakharia (à g.) s'exprime lors d'une audition parlementaire au parlement géorgien à Tbilissi, Géorgie, le 8 septembre 2019. [Zurab Kurtsikidze/EPA/EFE]

Dimanche 8 septembre, le parlement géorgien a confié le poste de Premier ministre à l’ex-ministre de l’Intérieur, Giorgi Gakharia. Sa nomination a alimenté les tensions politiques dans l’ancienne nation soviétique, car il est accusé d’avoir réprimé brutalement des manifestations.

L’ancien Premier ministre géorgien Mamuka Bakhtadze a annoncé sa démission le 2 septembre après un peu plus d’un an à ce poste et a déclaré que le pays ne devait pas être déchiré par des divisions politiques qui pourraient faire le jeu de la Russie.

Le Premier ministre géorgien Bakhtadze se retire et met en garde contre les divisions politiques

Le Premier ministre géorgien, Mamuka Bakhtadze, a annoncé sa démission lundi 2 septembre, après un peu plus d’un an à ce poste. Il a déclaré que le pays ne devait pas être déchiré par des divisions politiques qui pourraient faire le jeu de la Russie.

Les législateurs ont voté à 98 voix pour, zéro contre, pour confirmer Giorgi Gakharia au poste de Premier ministre, lors d’un scrutin boycotté par l’opposition.

Giorgi Gakharia, âgé de 44 ans, est profondément détesté par l’opposition géorgienne pour avoir supervisé une opération de sécurité contre des manifestations anti-russes en juin dernier.

La police anti-émeute a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc et des dizaines de manifestants ont été blessés. Plusieurs personnes ont perdu la vue.

Les partisans de l’opposition ont surnommé Giorgi Gakharia « l’homme de Moscou » à Tbilissi, et l’ont accusé de recevoir des ordres de la Russie, qui soutient deux régions séparatistes de Géorgie et a mené une guerre avec le pays en 2008.

Giorgi Gakharia a rejeté ces affirmations dans un discours qui a précédé sa nomination, déclarant que la Géorgie resterait sur la voie du rapprochement avec l’Union européenne et l’OTAN.

« L’élément le plus important de notre sécurité est l’orientation pro-occidentale du pays, et l’intégration européenne et euro-atlantique », a déclaré Giorgi Gakharia.

« Les États-Unis sont notre principal partenaire stratégique et il n’y a pas de limites à notre coopération », a-t-il ajouté.

Le milliardaire Bidzina Ivanishvili – qui dirige Rêve géorgien, le parti au pouvoir, et qui est largement considéré comme l’homme fort du pays – a présenté la candidature de Giorgi Gakharia lundi, suite à la démission de Mamuka Bakhtadze après un peu plus d’un an de mandat.

« Gakharia sera le dernier larbin d’Ivanishvili au poste de Premier ministre », a déclaré à l’AFP Nika Melia, l’un des dirigeants du parti d’opposition Mouvement national uni (UNM).

« Le régime oligarchique d’Ivanishvili est incompatible avec la démocratie, et tous les partis démocratiques et pro-occidentaux de Géorgie uniront leurs forces pour le vaincre aux élections législatives de l’année prochaine », a-t-il poursuivi.

Sollicités par Euractiv, les responsables gouvernementaux ont fermement nié l’existence d’un parti pris pro-russe au sein du gouvernement contrôlé par Bidzina Ivanishvili.

Plusieurs dizaines de manifestants antigouvernementaux se sont rassemblés devant le parlement dimanche pour dénoncer la nomination de Giorgi Gakharia. Certains étaient venus avec des moutons pour symboliser l’asservissement du parti au pouvoir à Bidzina Ivanishvili.

Lors des manifestations de juillet, des manifestants avaient réclamé la démission de Giorgi Gakharia. Bien que destinés à la Russie, ces rassemblements avaient été alimentés par le mécontentement face à l’incapacité du gouvernement à relancer une économie stagnante et par le sentiment d’un recul démocratique.

Avant d’être nommé vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur de Géorgie en 2017, Giorgi Gakharia a travaillé en Russie en tant que directeur régional de la compagnie aérienne allemande Lufthansa. Il est diplômé de l’université Lomonosov de Moscou.

Dimanche, les législateurs ont également approuvé la nomination de l’ex-Premier ministre, Irakli Garibashvili, au poste de ministre de la Défense et celle du chef du service de sécurité de l’État géorgien, Vakhtang Gomelauri, au poste de ministre de l’Intérieur.

La présidente Salomé Zourabichvili devra signer le projet de loi confirmant la nomination du nouveau Premier ministre et la composition de son cabinet.

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