Expulsée, l’ambassadrice de l’UE a quitté le Venezuela

L'ambassadrice de l'Union européenne au Venezuela, Isabel Brilhante Pedrosa, a été déclarée "persona non grata" par le gouvernement de Nicolas Maduro. [Miguel Gutierrez/epa]

L’ambassadrice de l’Union européenne au Venezuela, la Portugaise Isabel Brilhante Pedrosa, a quitté mardi ce pays après avoir été déclarée « persona non grata » par le gouvernement du président Nicolas Maduro.

Elle a embarqué à bord d’un avion de Turkish Airlines, a confirmé à l’AFP une source de la délégation diplomatique de l’UE.

Caracas a décidé le 24 février d’expulser Isabel Brilhante Pedrosa en représailles à une nouvelle batterie de sanctions décrétées par l’UE à l’encontre de 19 responsables et hauts fonctionnaires du gouvernement.

Soixante-douze heures avaient été données à la diplomate pour quitter le pays, mais « pour des raisons purement logistiques dues à la disponibilités des vols » au départ de Caracas, le départ n’a été rendu possible que ce mardi, a-t-on indiqué de même source.

En réponse à l’expulsion, l’UE a répliqué en déclarant « persona non grata » l’ambassadrice du Venezuela auprès de l’UE, Claudia Salerno Caldera.

Au total, 55 responsables et hauts fonctionnaires du gouvernement vénézuélien sont sanctionnés par l’UE, avec interdiction de voyager et gel des avoirs sur le territoire de l’Union.

L’UE ne reconnaît aucune légitimité au président Nicolas Maduro et n’a pas reconnu les résultats des élections législatives de décembre 2020.

« Merci infiniment à tous les Vénézuéliens pour leurs attentions, leur reconnaissance et leur affection. Je vous emporte tous dans tant de beaux souvenirs. Mon coeur reste ici. Je t’aime #Venezuela », a écrit l’ambassadrice sur Twitter.

Le Venezuela, secoué par une profonde crise politique et confronté à la pire crise économique de son histoire récente, est devenu en 2017 le premier pays d’Amérique latine à être sanctionné par l’UE.

Depuis trois ans, les États-Unis ont également multiplié les pressions diplomatiques et les sanctions économiques pour tenter d’évincer du pouvoir Nicolas Maduro, dont la réélection en 2018 est considérée comme frauduleuse par une partie de la communauté internationale.

Mme Brilhante Pedrosa était en poste dans la capitale vénézuélienne depuis 2017.

Déjà le 29 juin 2020, après une précédente salve de sanctions européennes, Nicolas Maduro l’avait expulsée, lui donnant 72 heures pour quitter le pays.

A l’expiration du délai, le gouvernement avait cependant fait marche arrière, tout en demandant à l’UE « des gestes » en échange.

Trois Européens sur quatre veulent une Union plus souveraine

La souveraineté européenne n’est pas morte, bien au contraire. 73% des sondés parmi la population de huit pays européens — France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne, Roumanie, Suède et Lettonie — souhaiteraient renforcer la souveraineté de l’UE, d’après une nouvelle étude.

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