Les extrémistes et les terroristes tirent profit de la pandémie pour propager leurs messages de haine

Les groupes extrémistes, djihadistes et radicaux tirent profit de la vulnérabilité entraînée par la pandémie au sein du navire européen afin de propager leurs messages de haine sur les réseaux sociaux, a averti Catherine De Bolle, la cheffe de l’Office européen de police (Europol). [EPA/EFE]

Les groupes extrémistes, djihadistes et radicaux tirent profit de la vulnérabilité entraînée par la pandémie au sein du navire européen afin de propager leurs messages de haine sur les réseaux sociaux, a averti Catherine De Bolle, la cheffe de l’Office européen de police (Europol). Un article d’Euroefe.

Dans un entretien avec Euroefe, Mme De Bolle a souligné que cette « radicalisation » sur le Net pourrait « avoir des répercussions post-pandémie » dans notre quotidien.

« Il apparaît manifeste que tous ces groupes extrémistes et terroristes sont également confinés chez eux, sujets à des mesures qui restreignent leurs mouvements », a déclaré la figure de proue d’Europol.

Mme De Bolle, cheffe de l’Office européen de police depuis mai 2018, a rappelé que plusieurs attaques terroristes s’inspirant d’idéologies djihadistes avaient été signalées à la fin de l’année dernière, notamment à Vienne et à Nice.

Le scénario actuel implique « une exposition plus importante sur le net » ; un phénomène qui soulève des inquiétudes au sein des autorités européennes en raison de « son effet continu possible après la pandémie ».

« Énormément de personnes, y compris de personnes vulnérables, sont connectées. Face à leur écran d’ordinateur, elles sont confrontées à des messages à caractère extrémiste et djihadiste ». Les répercussions de ce type de propagande pourraient perdurer bien après la fin de la crise sanitaire, a-t-elle signalé.

Sur les réseaux sociaux et le net, ces groupes radicaux utilisent la pandémie pour propager et renforcer leurs idéologies.

« Les terroristes djihadistes estiment que [le nouveau coronavirus] est un fléau de Dieu qui s’abat sur les personnes non croyantes. L’extrême droit avance que la propagation du virus est causée par l’arrivée des minorités et des réfugiés au sein de l’UE », a soutenu Mme De Bolle.

DSA, TCO, Europol… l’UE met les bouchées doubles contre le terrorisme

En amont du Digital Services Act dévoilé mardi (15 décembre), la Commission européenne a présenté la semaine dernière une batterie de mesures en matière de lutte contre le terrorisme. Le trilogue concernant le projet de règlement prévoyant le retrait des contenus terroristes dans l’heure a également débouché sur un accord et devrait être voté dès janvier par le Parlement.

La coopération policière à l’échelle européenne est cruciale

Pour Europol, la coopération policière est l’épine dorsale de l’orbite européenne. En plus des États-Unis et de l’Amérique du Sud, l’Office européen de police entretient des relations avec la Nouvelle-Zélande depuis l’attaque terroriste dans une mosquée à Christchurch en mars 2019.

« Il est essentiel d’échanger des informations avec ces parties, mais nous devons également bénéficier du même niveau de partage de données sur le sol européen », a poursuivi la représentante d’Europol.

En décembre 2020, la Commission européenne a proposé un paquet de mesures législatives afin de renforcer les infrastructures de sécurité fondamentales de l’UE, et ce par l’intermédiaire d’actions visant à tracer les nouvelles menaces ; à combattre la radicalisation et le terrorisme ; à protéger la population et les infrastructures vulnérables, notamment les espaces publics ; et à étoffer le rôle d’Europol.

L’une des pistes actuellement analysées par les experts à l’échelle européenne consiste à renforcer la coopération et l’échange d’informations avec les pays tiers. Dans ce contexte, les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord sont essentiels dans la lutte contre le terrorisme.

En revanche, Catherine de Bolle a admis que le chemin pour ce faire était semé d’embûches : « Il est impossible de garantir le bon fonctionnement des échanges de données [avec ces régions]. »

Un an après les attentats de Hanau : « Il est temps d'agir »

Le 19 février 2020, un terroriste faisait neuf victimes dans deux bars à chicha à Hanau. Un an après les faits, où en est l’Allemagne dans sa lutte contre les attaques d’extrême droite ? Une analyse d’Euractiv Allemagne.

 

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