La corruption du gouvernement slovaque irrite le Conseil de l’Europe

[EPA-EFE/CHRISTIAN BRUNA]

Aux yeux du Conseil de l’Europe, la Slovaquie devrait adopter des mesures pour endiguer la corruption dans son gouvernement. Selon un rapport de l’institution, le cadre juridique slovaque est trop faible.

Le Groupe d’États contre la corruption du Conseil de l’Europe (GRECO) explique dans un nouveau rapport que les affaires de corruption au sein du gouvernement slovaque doivent être endiguées, notamment au sein du cabinet ministériel et des forces de police.

Les affaires de corruption qui traversent les hauts rangs du gouvernement et la police inquiètent le pays et défraient la chronique depuis le meurtre en 2018 du journaliste slovaque Jàn Kuciak.

Par la suite, des signes évidents de corruption, de fraude fiscale et de détournement de fonds européens avaient déclenché d’importantes manifestations, forçant le Premier ministre, Robert Fico, à abdiquer en mars 2018.

L’enquête menée par Jàn Kuciak sur de possibles connexions entre le monde des affaires et le sérail politique slovaque a révélé que plusieurs représentants de différents organes étatiques coopéraient avec Marian Kočner, un homme d’affaires controversé, par la suite condamné pour avoir commandité l’assassinat du journaliste.

Affaire Jàn Kuciak : quand un crime en cache une vingtaine d'autres

Un an et demi après le meurtre du journaliste Jàn Kuciak et de sa fiancée, Martina Kušnírová, les procureurs ont annoncé que l’enquête avait dévoilé une série d’autres crimes notamment quatre meurtres et trois tentatives d’assassinats.

Le Parlement européen a adopté, en mars 2019, une résolution sur l’état de droit et la lutte contre la corruption au sein de l’UE, en particulier à Malte et en Slovaquie, en réaction aux meurtres de Jàn Kuciak et Daphne Caruana Galizia, une journaliste et militante anticorruption originaire de Malte.

En plus du meurtre de Jàn Kuciak, deux disparitions mystérieuses de journalistes d’investigation avaient déjà été signalées en Slovaquie en 2008 et 2015.

D’après l’ONG Transparency International, en 2018, la Slovaquie occupait la 57e place sur 180 dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) et selon l’Eurobaromètre, 85 % des Slovaques jugeaient que la corruption était répandue dans le pays.

Les statistiques européennes donnent la Slovaquie première en terme de détournement de fonds européens et de fraude fiscale. Les forces de police se sont embourbées dans de nombreux scandales, éveillant ainsi le niveau de méfiance du peuple slovaque, désormais plus haut que la moyenne européenne. De plus, 50 % de la population pense que les pots-de-vin sont monnaie courante au sein de la police.

Le GRECO soutient qu’il est urgent d’agir pour endiguer la corruption gouvernementale et qu’un plan d’action doit être adopté. Les normes d’intégrité et les règles à suivre par les ministres, secrétaires, conseillers politiques et hauts représentants, doivent être clairement établies.

La transparence des hauts représentants doit être mise en avant pour qu’ils soient responsables face à leur peuple.

« Les contacts avec les groupes de lobbying devraient être enregistrés et publiés, tous les cadeaux devraient être correctement contrôlés et rendus public et des informations détaillées sur les déclarations de patrimoine et d’intérêts devraient être mises à disposition du public », stipule le rapport.

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