Fillon fustige l’échec de la diplomatie européenne face à la crise syrienne

François Fillon encourage des discussions avec les auteurs des crimes de guerre en Syrie. [Frederic Legrand - COMEO/Shutterstock]

Le candidat de la droite à l’élection présidentielle s’est rendu à Bruxelles où se tient le sommet européen des chefs d’Etat. Il a appelé à réunir « autour de la table » des négociations tous les protagonistes de la crise syrienne, « y compris ceux qui commettent des crimes ».

François Fillon s’est rendu à Bruxelles pour assister à une réunion du Parti populaire européen (PPE, centre droit), en amont du sommet européen.

Le candidat favori des sondages de la prochaine élection présidentielle française a estimé que la guerre en Syrie qui inflige « le martyre » au peuple syrien depuis mars 2011, signait « l’échec de la diplomatie occidentale et singulièrement de la diplomatie européenne ».

 

« Si on veut maintenant arrêter le massacre, il n’y a que deux solutions », a ajouté le dirigeant de droite, désigné fin novembre candidat Les Républicains à la présidentielle.

>>Lire : Fillon remporte largement la primaire de la droite

Première solution : « Une intervention militaire que seuls les Américains peuvent conduire et qui, compte tenu de ce qu’il s’est passé en Irak, n’est sans doute pas le choix que je privilégierais ».

Initiative européenne

« L’autre solution », a-t-il enchaîné, « c’est une initiative puissante, européenne, diplomatique pour mettre autour de la table toutes les personnes qui peuvent arrêter ce conflit sans exclusive et donc y compris ceux qui commettent des crimes aujourd’hui. »

Interrogé pour savoir s’il incluait la Russie dans ces derniers, François Fillon a répondu : « La guerre, ce sont toujours des crimes, la question est : est-ce qu’on veut arrêter cette violence ou simplement se réfugier dans notre bonne conscience, écrire des articles, faire des déclarations et laisser les Syriens mourir ? Moi je fais partie de ceux qui disent qu’à un moment il faut se relever les manches et entrer dans les difficultés. »

>>Lire : François Fillon : peut-on être souverainiste et européen ?

Une position qui fait écho à cette de l’ancien Premier ministre, Nicolas Sarkozy, qui réfute tout « lien personnel » avec Vladimir Poutine, mais professe son grand « respect » pour la Russie. « Quel que soit le dirigeant russe, qu’il s’appelle Vladimir, Boris ou Igor, c’est le dirigeant du plus grand pays en (termes de) surface du monde et l’Europe doit avoir une stratégie de long terme avec la Russie et pas seulement agir avec des émotions et des réactions », estime-t-il.

Condamnation par François Hollande

Au même moment, en arrivant à un sommet européen, le président François Hollande, venait de condamner l’attitude de la Russie dans ce conflit et de l’accuser de ne pas tenir ses engagements sur une trêve.

« Il y a un moment où il faut répondre de ses actes. On me dit ‘il faut parler à la Russie’. Je parle sans cesse à la Russie. La Russie prend des engagements qu’elle ne tient pas, alors maintenant il est temps qu’on arrive à cette trêve et à cette action humanitaire absolument nécessaire », a martelé le chef de l’État, qui réclame une action plus forte de la part de l’UE.

Depuis deux mois, les 28 pays de l’UE, comme les États-Unis, accusent Damas et ses alliés, Téhéran et Moscou, de se rendre coupables de « crimes de guerre » à Alep. Sur le terrain, un millier de personnes ont été évacuées jeudi des quartiers rebelles d’Alep, selon un haut responsable militaire. Les témoins parlent de scènes de massacres et de destruction totale.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.