L’Ukraine pourrait demander l’adhésion à l’UE dans trois ans

[Pechersk Lavra, Kyiv, by Georgi Gotev]

La candidature de l’Ukraine à l’intégration européenne est toujours d’actualité et le pays pourrait demander l’adhésion en 2023, estime l’ancien ambassadeur d’Ukraine auprès de l’UE, Kostiantyn Yelisieiev. En revanche, le rapprochement entre Kiev et l’OTAN ne progresse guère.

Le lancement de la procédure d’adhésion de l’Ukraine à l’UE est à portée de main, selon l’ancien ambassadeur Kostiantyn Yelisieiev. « Si l’on travaille de manière efficace et si les réformes internes se poursuivent à un rythme acceptable, une demande d’adhésion à l’horizon 2023 me paraît réaliste », souligne-t-il. « À condition que nous ne ralentissions pas le rythme du processus d’intégration. »

Cette échéance est conforme à celle du gouvernement actuel, qui prévoit de satisfaire aux critères d’adhésion de l’OTAN et de l’UE d’ici à 2025.

Dans cinq ans », nous voulons être au point, avait affirmé Dmytro Kuleba en novembre dernier. « Je veux pouvoir venir à Bruxelles et dire : nous sommes prêts. La balle est dans votre camp.»

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Kostiantyn Yelisieiev plaide par ailleurs pour que l’Ukraine et d’autres pays désireux d’intégrer l’Union soient invités à prendre part à une conférence paneuropéenne sur le futur de l’Europe, qui devrait débuter en mai et durer deux ans. « Je pense que cet événement pourrait être un succès si d’autres pays que les États membres, tels que les pays voisins et l’Ukraine en particulier, participaient aux discussions. »

Lors d’un sommet des quatre pays de Visegrad à Prague, en janvier 2019, Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, avait lui aussi prôné la participation de pays extérieurs à l’UE à cette conférence que prépare la Commission européenne.

Évoquant la sortie du Royaume-Uni de l’UE, Kostiantyn Yelisieiev a déclaré que le divorce pourrait avoir un effet positif sur les relations entre Bruxelles et Kiev. « On peut même déceler une tendance : incluons l’Ukraine au lieu du Royaume-Uni ».

A l’inverse, le rapprochement de Kiev et de l’OTAN est pour le moment figé. « Malheureusement, l’équipe ukrainienne a supprimé les termes “plan d’action pour l’adhésion à l’OTAN” (MAP) de son champ sémantique »,  a déploré Kostiantyn Yelisieiev, en s’adressant à Promote Ukraine, une ONG qui représente la société civile de ce pays à Bruxelles. « Et ceci ne peut que nous indisposer », a-t-il ajouté.

Le MAP est le programme d’assistance et de soutien aux candidats qui souhaitent adhérer à l’alliance. A l’heure actuelle, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine du Nord y participent, en vue de leur intégration prochaine au sein de l’organisation de défense.

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En octobre 2019, le vice-premier ministre ukrainien pour l’intégration euroatlantique, Dmytro Kuleba, faisait valoir qu’une demande de participation au MAP, soumise en 2008 avant la révolution de l’Euromaïdan, demeurait valable.

« Pourquoi faudrait-il déposer un nouveau dossier alors que le premier est toujours valide ? », a déclaré Dmytro Kuleba à UNIAN, une agence de presse locale.

Selon Kostiantyn Yelisieiev, il s’agit également d’adopter une communication plus claire concernant la Russie. « Je ne critique pas, je conseille seulement à la nouvelle équipe d’appeler un chat un chat. Dans notre rhétorique et nos déclarations, nous devons dire clairement qui est l’agresseur. »

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