L’UE appelée à poursuivre la lutte contre le « chaos de l’information » en Géorgie

Les messages anti-occidentaux augmentent en Géorgie. [Shutterstock/fizkes]

Les messages anti-occidentaux ont doublé en Géorgie. Les contenus anti-américains et anti-OTAN, liés notamment à l’entrée du pays dans l’alliance de défense transatlantique, ont connu une hausse particulièrement sensible, révèle un récent rapport.

Par rapport à 2016, l’indicateur des messages anti-occidentaux est passé de 1 258 à 2 769 en 2019, selon la Fondation pour le développement des médias (MDF), basée à Tbilissi. Cette ONG promeut les droits de l’homme et l’éducation aux médias, le développement, la responsabilité et l’autorégulation.

Le cinquième rapport annuel de l’organisation, qui analyse le contenu des médias traditionnels et de Facebook, stipule que « l’augmentation des messages anti-OTAN peut être attribuée à une campagne agressive sur la neutralité de la Géorgie, menée par un parti politique pro-russe, l’Alliance des patriotes ».

« Les déclarations de soutien à la Russie ont augmenté, véhiculant des messages sur la nécessité de régler les conflits en révisant le cours de la politique étrangère et en traitant individuellement avec le Kremlin. »

La Russie accusée d’avoir mené une cyberattaque massive contre la Géorgie

Le Ministère des Affaires étrangères de Géorgie a annoncé que les institutions et les médias du pays avaient été victimes d’une cyberattaque massive. La Russie serait responsable.

Les messages anti-UE n’ont en revanche pas augmenté et leur contenu n’a pas changé par rapport aux années précédentes, affichant même une légère baisse depuis l’introduction de l’exemption de visa pour la Géorgie en 2017.

Si les avantages tangibles de l’intégration européenne – tels que l’entrée plus facile dans l’Union – peuvent constituer une explication, le rapport suggère que les étapes ultérieures de l’approfondissement des liens avec l’UE ne sont tout simplement pas discutées.

Les appels lancés par trois pays du partenariat oriental qui ont signé des accords d’association et de libre-échange approfondis et complets avec l’UE – la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine – en faveur de la création d’un format spécial adapté à leur ambition de rejoindre un jour le bloc, sont jusqu’à présent restés lettre morte à Bruxelles.

La vidéoconférence du mois de juin entre les dirigeants de l’UE et les pays du partenariat oriental – qui comprennent également l’Arménie, l’Azerbaïdjan et le Belarus – n’a produit que peu de résultats tangibles en dehors de l’annonce que le prochain sommet physique aurait lieu à Bruxelles en mars 2021.

Selon le rapport, l’euroscepticisme est resté le sujet principal des messages anti-UE, suivi par les messages selon lesquels la libéralisation des visas et l’accord d’association sont inutiles, et que la crise migratoire est le résultat des politiques européenne, l’Europe étant l’otage de sa propre tolérance.

« En ce qui concerne son soutien aux acteurs de la société civile, l’UE devrait continuer à soutenir les initiatives visant à identifier, surveiller et traiter les opérations d’information hostiles en renforçant la résistance des Géorgiens », estime Tamar Kintsurashvili, directrice exécutive du Forum de développement des médias.

Le bloc devrait également « soutenir la production de contenus de qualité dans les médias, ce qui est indispensable dans ce chaos de l’information », ajoute-t-elle dans des commentaires envoyés par e-mail.

Comme les années précédentes, le rapport indique que les médias, qui produisent près de la moitié des messages examinés, restent la principale source de rhétorique anti-occidentale, suivis par les partis politiques et les hommes politiques qui sont à l’origine de 27,3 % des contenus.

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