Le combat acharné de la Géorgie contre le COVID-19

Des militaires géorgiens inspectent des voitures à une entrée de la ville de Marneuli. Située à quelque 40 km de Tbilissi, la capitale géorgienne, Marneuli a été placée en quarantaine le 22 mars 2020. [EPA-EFE/ZURAB KURTSIKIDZE]

La Géorgie, qui a signalé son premier cas de coronavirus le 26 février, ne comptait que 61 cas confirmés le 23 mars. Le pays caucasien est salué comme un exemple de réussite dans la lutte mondiale contre la pandémie.

En comparaison, le premier cas en Arménie voisine a été signalé le 2 mars et le pays comptait 194 cas confirmés en date du 22 mars.

« C’est peut-être dû à une grande cohorte de professionnels de la santé et à de bonnes habitudes de résilience en temps de crise », a écrit Thomas de Waal, chercheur principal du groupe de réflexion Carnegie Europe, en félicitant le pays pour sa réaction face au virus.

Zurab Tatanashvili, un expert géorgien en matière de santé publique et de services sociaux, a déclaré à Eurasianet que « mettre les professionnels aux commandes était peut-être la chose la plus intelligente que ce gouvernement ait jamais faite ».

Lika Chipashvili, une chercheuse du groupe de réflexion GEOCASE, a déclaré à Euradio que le virus se répandait très lentement en Géorgie par rapport à d’autres pays. « On estime que la Géorgie a gagné deux semaines par rapport aux autres pays européens afin de ralentir le plus possible la transmission du virus. »

La Géorgie a annulé ses vols vers la Chine dès janvier et a mis en place des contrôles stricts dans les aéroports pour les voyageurs en provenance de pays à haut risque de coronavirus.

Les crèches ont cessé de fonctionner le 2 mars et les écoles et universités ont été fermées jusqu’au 1er avril.

Cependant, la fermeture des espaces publics tels que les centres commerciaux a été mise en place relativement tard. Le Premier ministre, Giorgi Gakharia, a annoncé la fermeture des magasins le 19 mars. Seules les épiceries, les pharmacies, les stations d’essence, les bureaux de poste et les banques ont été autorisés à rester ouverts.

Après avoir fermé ses frontières le 20 mars, la Géorgie a mis en place des zones de quarantaine obligatoires au passage de la frontière, plaçant ainsi les citoyens arrivant chez eux en quarantaine.

« Tous les citoyens géorgiens seront placés en quarantaine, car la sécurité de chaque résident à l’intérieur et à l’extérieur du pays est très importante pour nous », a déclaré la ministre géorgienne de la Santé, Ekaterine Tikaradze.

Le 21 mars, le parlement a approuvé l’instauration de l’état d’urgence que la présidente géorgienne, Salomé Zourabichvili, a décrit comme « non-extrême », car il n’impose pas de couvre-feu.

Une Française élue présidente en Géorgie

L’ex-ambassadrice française Salomé Zourabichvili, soutenue par le parti au pouvoir Rêve géorgien, a remporté le deuxième tour de la présidentielle géorgienne, une élection test pour la démocratie de ce pays du Caucase.

La mise ne place de mesures strictes s’est poursuivie hier, lorsque le porte-parole du gouvernement, Irakli Chikovani, a annoncé que toutes les formes de transport interurbain, y compris le rail, seraient suspendues à partir du 24 mars.

Lundi 23 mars, les autorités ont placé en quarantaine l’ensemble des municipalités de Marneuli et Bolnisi, soit 158 000 personnes, après avoir découvert qu’une femme âgée diagnostiquée positive avait été en contact avec plus de 80 personnes lors d’un événement religieux.

L’église orthodoxe géorgienne avait déjà été critiquée pour avoir continué à officier malgré les mesures d’état d’urgence.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER