La Cour suprême de Géorgie condamne un leader de l’opposition

[Zurab Kurtsikidze/EPA/EFE]

La Cour suprême de Géorgie a condamné l’un des principaux leaders de l’opposition politique à trois ans et deux mois de prison pour malversation. Une décision qu’il qualifie de manœuvre politique.

La condamnation de Gigi Ugulava à trois ans et deux mois de prison a été prononcée le 10 février. L’homme politique a été reconnu coupable de détournement de fonds à hauteur de 15,6 millions d’euros entre 2005 et 2013, lorsqu’il occupait la mairie de la capitale géorgienne.

L’homme politique et chef du parti  d’opposition « Géorgie européenne », a affirmé que sa condamnation faisait suite à une « décision personnelle » de Bidzina Ivanishvili, le leader du parti « Rêve géorgien » au pouvoir. Beaucoup soupçonnent cet oligarque de tirer les ficelles dans le pays.

Rêve géorgien est un parti pro-OTAN et pro-européen, tout comme le parti « Géorgie européenne ». Ce dernier accuse le parti au pouvoir de poursuivre un programme géopolitique en secret, mais ces allégations n’ont pas encore été étayées.

La condamnation de Gigi Ugulava, ancien maire de longue date de la capitale, Tbilissi, risque sans doute d’exacerber les tensions politiques d’ici aux élections parlementaires d’octobre 2020.

Ni Gigi Ugulava ni son avocat n’ont pu assister à l’audience lors de laquelle les juges ont rendu leur verdict.

Il s’est adressé aux journalistes alors qu’il attendait les huissiers de justice au siège d’un autre parti d’opposition. La majorité des hommes politiques des principaux partis d’opposition étaient présents pour le soutenir.

Le chef du parti travailliste, Shalva Natelashvili, a indiqué que l’opposition avait convenu unanimement d’organiser une « campagne de désobéissance civile nationale et des manifestations de masse ».

Depuis l’été dernier, la Géorgie est en proie à des protestations populaires qui s’élèvent face à l’incapacité du parti au pouvoir de tenir ses promesses électorales. Ces rassemblements ont violemment été réprimés par la police.

Les détracteurs de Bidzina Ivanishvili l’accusent de persécuter ses opposants politiques, de faire taire les médias et de créer un système politique corrompu au sein duquel ses intérêts privés dominent le processus décisionnel du gouvernement.

Gigi Ugulava avait déjà passé trois ans en prison, de 2014 à 2017, pour des crimes économiques qu’il niait également avoir commis et dont il dénonçait aussi la motivation politique.

Lors de son mandat de maire de Tbilissi de 2005 à 2013, l’homme politique charismatique avait mené de grands projets d’infrastructure et des réformes sociales qui ont considérablement amélioré la qualité de vie des habitants de la capitale.

Une Française élue présidente en Géorgie

L’ex-ambassadrice française Salomé Zourabichvili, soutenue par le parti au pouvoir Rêve géorgien, a remporté le deuxième tour de la présidentielle géorgienne, une élection test pour la démocratie de ce pays du Caucase.

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