Manfred Weber accuse la Turquie de détenir des «prisonniers politiques»

Manfred Weber considère que les soldats grecs retenus en Turquie sont des prisonniers politiques. [Sarantis Michalopoulos]

Deux soldats grecs sont emprisonnés depuis un mois en Turquie. Des « prisonniers politiques », selon le chef de file du PPE, Manfred Weber.

Dans une interview avec le site grec protothema.gr, l’eurodéputé allemand et chef de file du Parti populaire européen (PPE), a confirmé ses doutes quant à l’avenir européen de la Turquie.

« Je ne vois pas [cela se concrétiser], parce que la Turquie s’écarte des valeurs européennes. Le cas de soldats grecs retenus dans des prisons turques est un énième exemple de cet éloignement.  [Ankara] utilise des citoyens, des soldats grecs ou un journaliste allemand, comme prisonniers politiques, pour faire pression sur l’UE », a déclaré le conservateur.

Erdogan d’humeur belliqueuse avant le sommet UE-Turquie

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, arrive le 26 mars en Bulgarie pour un sommet avec des représentants européens. Il assure avoir des vidéos prouvant que l’UE accueille des terroristes -et ne fait rien pour les combattre.

 

 

Il y a un mois, deux soldats grecs ont accidentellement passé la frontière suite à de mauvaises conditions météo. Arrêté par la Turquie, ils sont depuis en prison, alors qu’aucune accusation n’a été formulée à leur encontre.

Athènes a conseillé à Ankara de ne pas politiser une situation qui en temps normal se serait réglée sans délai. Lors du sommet de Varna, les représentants de l’UE ont exigé la libération de tous les citoyens européens détenus en Turquie.

A l’occasion de ce sommet, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan a rencontré les présidents du Conseil, Donald Tusk, et de la Commission, Jean-Claude Juncker, ainsi que le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, à Varna, en Bulgarie. Lors de ce sommet, il a réitéré l’ambition d’Ankara de rejoindre l’UE.

État de droit

Le gouvernement grec craint que la Turquie ne garde les deux soldats pour faire pression après l’accueil de huit soldats turcs venus demander l’asile en Grèce à la suite de la tentative de coup d’État de juillet 2016. Ankara a demandé l’extradition de ces soldats, assurant qu’ils étaient impliqués dans le putsch raté. La Cour suprême grecque a cependant exclu l’extradition, au motif que les soldats risqueraient leur vie et pourraient être torturés si ils étaient renvoyés en Turquie.

Et pour cause, Recep Tayyip Erdoğan s’est offusqué de la pression exercée par l’UE au sujet des deux militaires grecs. « Vous n’avez rien fait contre ces terroristes [les huit soldats turcs], vous n’en avez pas parlé à Alexis Tsipras », a-t-il reproché aux représentants de l’UE.

Le cabinet du Premier ministre grec a vivement réagi à cette prise à parti, assurant dans un communiqué que la Grèce « avait un Premier ministre qui respectait et reconnaissait les jugements de la justice grecque, et pas un sultan qui pourrait contredire les décisions de justice ».

« Si le président turc avait quelque chose à dire au sujet des huit [soldats turcs], il aurait pu le dire en privé au Premier ministre grec ou en public lors de son déplacement à Athènes. Aujourd’hui, il a choisi de poursuivre cette dangereuse spirale d’attaques provocatrices, mettant sur un pied d’égalité deux cas totalement différents », juge le communiqué.

« S’il veut être le chef d’un pays respectant l’État de droit, il doit s’expliquer sur l’incarcération de deux officiers de l’armée grecque qui n’ont rien fait de plus que d’entrer de quelques mètres sur le territoire turc alors qu’ils cherchaient des passages frontière clandestins », précise le cabinet.

Le Conseil européen hausse le ton face à la Turquie

Dans les conclusions du premier jour de sommet, le Conseil européen appelle Ankara à cesser de violer le droit international, selon Georgios Katrougalos, le ministre grec adjoint aux Affaires étrangères.

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