Le processus d’adhésion de la Serbie se poursuit

Johannes Hahn [European Commission]

La Serbie peut s’attendre à un feu vert pour l’ouverture d’au moins un chapitre de ses négociations d’adhésion à l’UE la semaine prochaine, selon le commissaire à l’élargissement. Un article d’EURACTIV Serbie

Lors d’une visite à Belgrade le 5 décembre, Johannes Hahn, le commissaire à l’élargissement s’est déclaré optimiste quant à l’ouverture de nouveaux chapitres cette année. Selon lui, un accord devrait être trouvé et annoncé lors de la rencontre de la semaine prochaine.

La Serbie attend l’ouverture prochaine des chapitres 5 (marchés publics), 25 (science et recherche) et 26 (éducation et culture). Le commissaire n’a pas donné plus de détails sur les chapitres qui pourraient être ouverts, se limitant à dire qu’il pourrait y en avoir plusieurs. Il a cependant minimisé l’importance du nombre de chapitres ouverts, soulignant que  ceux-ci s’inscrivaient dans un processus complet.

Lors d’une conférence de presse avec Johannes Hahn, Aleksandar Vučić, le Premier ministre serbe, a insisté sur l’importance extrême pour le pays de se joindre à l’UE, mais a également critiqué les délais dans l’ouverture des chapitres. Il estime que l’ouverture du chapitre sur les marchés publics est certaine, alors que les deux autres dépendent de conditions politiques, et notamment du dialogue avec le Kosovo.

« Ils veulent voir s’ils peuvent tirer davantage de la Serbie », a-t-il déclaré, ajoutant que Belgrade en faisait plus que le camp albanais pour l’application de l’accord de Bruxelles sur la normalisation des relations entre Serbie et Kosovo.

>> Lire : La reconnaissance du Kosovo fait tanguer les négociations d’adhésion de la Serbie

Aleksandar Vučić a assuré que la Serbie ne sacrifierait pas ses intérêts nationaux en échange de l’ouverture de nouveaux chapitres. Il estime également que le Kosovo est davantage soutenu au sein de l’UE.

Pristina « a des soutiens plus grands et plus puissants que nous. Ils sont également soutenus par l’attitude des 23 pays de l’UE qui ont reconnu l’indépendance du Kosovo, et qui sont parmi les plus puissants de l’Union. Nous n’avons pas de tels défenseurs », a-t-il asséné. Cinq États membres n’ont en effet pas encore reconnu le Kosovo : la Grèce, l’Espagne, la Roumanie, Chypre et la Slovaquie.

Johannes Hahn a pour sa part indiqué ne pas être assez « naïf » pour penser que la politique n’influençait pas les décisions liées aux négociations d’adhésion. Il a cependant souligné que l’évaluation menant à l’ouverture de chapitres était fondée sur les progrès réalisés vis-à-vis d’objectifs concrets et que les pays devraient mettre de côté leurs relations bilatérales dans le cadre de l’accession à l’UE.

>> Lire : Les Balkans rêvent d’un nouvel élan pour leur candidature à l’UE

Depuis le début des négociations entre l’UE et la Serbie, quatre chapitres ont été ouverts : appareil judiciaire et droits fondamentaux (23), justice, liberté et sécurité (24), contrôle financier (32) et divers (35). Ce dernier chapitre est particulièrement important dans le contexte serbe, puisqu’il mesure la normalisation des relations avec le Kosovo.

Selon Aleksandar Vučić, la Serbie a pris la décision stratégique de se joindre à l’UE parce qu’elle voit son avenir en Europe, mais aussi à cause de ses liens économiques, notamment en termes de commerce et d’investissement, avec les États membres, qui permettront aux pays de renforcer son économie.

Le Premier ministre s’est dit reconnaissant de l’aide de l’UE, qui comprend notamment un soutien budgétaire de 80 millions d’euros pour la réforme administrative, dont l’accord de financement a été signé pendant la visite en Serbie du commissaire européen. Il a tenu à remercier particulièrement les contribuables européens qui participent aux réformes nécessaires dans le pays.

>> Lire aussi : Serbie et Croatie à couteaux tirés

Contexte

Plus d'information

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.