La santé devrait être au cœur du partenariat UE-Afrique, d’après les eurodéputés

Les deux blocs doivent « aller au-delà de la relation donateur-bénéficiaire » peut-on lire dans le dans le texte du Parlement européen, un crédo de plus en plus utilisé sous la Commission d’Ursula von der Leyen. EPA-EFE/KIM LUDBROOK

L’UE et l’Afrique devraient porter la santé au rang de priorité dans le cadre de leur nouveau partenariat, ont déclaré les législateurs européens en vue d’entamer bientôt les pourparlers entre les deux continents.

Jeudi (25 mars), les députés européens ont adopté une résolution sur le nouveau partenariat UE-Afrique (460 pour et 64 contre), dans l’espoir qu’elle amorce des discussions sur le caractère durable et inclusif de l’entente entre les deux continents.

Les deux blocs doivent « aller au-delà de la relation donateur-bénéficiaire » peut-on lire dans le dans le texte du Parlement européen, un crédo de plus en plus utilisé sous la Commission d’Ursula von der Leyen.

Le document de l’eurodéputée française Chrysoula Zacharopoulou (Renew Europe) « souligne que l’axe prioritaire de la coopération commerciale et économique entre l’Union européenne et l’Afrique devrait être l’intégration régionale sur le continent africain ».

En outre, la résolution appuie « l’importance de développer les capacités de production et de fabrication nationales, ce qui contribuerait à réduire la dépendance vis-à-vis des importations étrangères ».

Au fil des débats parlementaires de la semaine dernière, la commissaire européenne aux partenariats internationaux Jutta Urpilainen a indiqué que la Commission cherchait à « [établir] une approche conjointe et un partenariat refondé avec notre continent frère qu’est l’Afrique ».

Toutefois, les négociations entre l’UE et l’UA ont été chamboulées par la Covid-19, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ayant déclaré l’état de pandémie mondiale deux jours après la publication de la stratégie pour un « partenariat durable » par l’exécutif européen.

Avant l’émergence du SARS-CoV-2, la proposition du Berlaymont s’articulait en particulier autour de la transition verte, l’accès à énergie et la transformation numérique. Ces thématiques sont toujours d’actualité. L’exécutif œuvre d’ailleurs afin de s’assurer que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ne sapera pas les exportations africaines. Depuis, d’autres priorités ont vu le jour, notamment sur le plan sanitaire.

L’UE est l’un des donateurs principaux à l’initiative Covax, le mécanisme mondial de groupement des achats pour les vaccins contre la Covid-19 qui garantira à l’ensemble des 191 pays et territoires participants un accès juste et équitable aux vaccins grâce au cadre d’attribution élaboré par l’OMS.

La Gavi appelle à plus de soutien de la part de l'UE dans la campagne de vaccination mondiale

Jeudi (25 mars), l’Alliance du Vaccin a appelé l’UE à accélérer la campagne de vaccination dans les pays en voie de développement en étoffant les contributions multilatérales et en faisant don des doses excédentaires via le mécanisme Covax.

Les livraisons des vaccins vers les pays africains ont débuté il y a quelques semaines. Dans ce contexte, les députés européens souhaitent renforcer la coopération UE-Afrique en matière de recherche et d’innovation afin de stimuler la production locale d’équipements sanitaires et de médicaments.

« Nos amis africains sont nos alliés et tous les Européens doivent comprendre l’importance et la chance que représente ce partenariat pour nous », a fait savoir Mme Zacharopoulou.

« Ce Parlement souhaite un partenariat centré sur les relations humaines, qui débute par un renforcement des systèmes de santé en Afrique. Nous devons aussi mettre en œuvre un pacte vert UE-Afrique. Pour réussir, nous aurons besoin que les 27 États membres, et pas seulement quelques pays européens, s’investissent activement dans ce partenariat. »

Par ailleurs, le rapport susmentionné « encourage le G20, le Fonds monétaire internationale (FMI) et la Banque mondiale ainsi que les banques de développement multilatérales d’aller plus loin en matière d’allègement de la dette et d’examiner plus avant les possibilités de suspension des paiements du service de la dette ».

Les leaders du G20 devraient bientôt donner leur assentiment à une nouvelle allocation des droits de tirage spéciaux du FMI à hauteur de 500 milliards de dollars en faveur des pays en voie de développement, parallèlement à l’initiative de suspension du service de la dette (ISSD).

Alors qu’une troisième vague de Covid-19 déferle actuellement sur une grande partie du navire européen et du continent africain, le sommet UE-UA initialement prévu au cours de la présidence portugaise au Conseil de l’UE pourrait à nouveau être reporté.

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